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Comprendre la sensibilisation et la perception de la population générale en matière de santé cardiovasculaire

Publié le jeudi 12 mars 2026

Messages clés

  • 6 adultes sur 10 déclarent vivre avec au moins un facteur de risque cardiovasculaire
  • 49% n’ont jamais discuté de leur santé cardiovasculaire avec un professionnel de santé
  • Les facteurs de risque classiques sont bien identifiés, mais les spécificités féminines restent largement méconnues
  • Le risque cardiovasculaire féminin reste sous-intégré dans les parcours de soins. La grossesse, la contraception et la ménopause ne sont pas encore pleinement reconnues comme des fenêtres d’opportunité majeures de prévention

Développement

Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité en Europe. Pourtant, la perception du risque et le niveau d’information de la population générale restent hétérogènes. L’étude « Understanding the General Population’s Awareness and Perception of Cardiovascular Health », menée par Ipsos pour Organon en décembre 2025 auprès de 4 000 adultes âgés de 18 à 65 ans dans sept pays européens (France, Belgique, Portugal, Danemark, Finlande, Norvège et Suède), apporte un éclairage important afin d’améliorer notre prise en charge, en particulier celle des femmes.

Premier constat : la charge de facteurs de risque est importante. Près de 60% des répondants déclarent vivre ou avoir vécu avec au moins une pathologie chronique, notamment l’hypertension (18%), l’hypercholestérolémie (17%) ou l’obésité (15%). Malgré cela, 70% estiment être « assez à très informés » de leur santé cardiovasculaire. Ce sentiment contraste avec une réalité préoccupante : 49% n’ont jamais eu de discussion avec un professionnel de santé à ce sujet, proportion plus élevée chez les femmes 54% vs 43% chez les hommes. De plus, 45% ne se souviennent pas avoir été informés de leurs facteurs de risque. La France fait partie des pays où la connaissance d’un « bon » score de cholestérol est plus faible, la perception de l’impact des modes de vie reste perfectible, le rôle des médias comme source d’information est plus marqué que dans certains pays nordiques. En France, 45% ne connaissent pas leur pression artérielle avec une différence selon l’âge 33% chez les 55-65 ans contre 58% chez les 18-24 ans.  En France, 28% n’ont jamais fait doser leur cholestérol contre 10% au Portugal. 51% ne se souviennent pas avoir été informés de leurs facteurs de risque.

Figure 1 : Source de sensibilisation aux facteurs de risque cardiovasculaires en France, Portugal et Belgique au sein de la population de 18 à 65 ans se souvenant avoir été informée des facteurs de risque

Figure 1 : source de sensibilisation aux facteurs de risque cardiovasculaires en France, Portugal et Belgique au sein de la population de 18 à 65 ans se souvenant avoir été informée des facteurs de risque

 

Surtout, comme ailleurs en Europe, près d’un adulte sur deux n’a jamais eu de discussion spécifique sur sa santé cardiovasculaire avec un professionnel de santé.

Au sein de la population étudiée, si les facteurs de risque traditionnels (tabac, alimentation, activité physique) sont bien identifiés comme ayant un fort impact cardiovasculaire, des lacunes importantes persistent sur des dimensions plus spécifiques : 58% se disent peu ou pas informés de l’impact des étapes de la vie hormonale féminine sur le risque cardiovasculaire, et 64 % des femmes ayant présenté une pathologie de grossesse déclarent ne jamais avoir été informées du risque cardiovasculaire à long terme associé. 84% des femmes utilisant une contraception ont recours à une méthode hormonale. Pourtant, 47% ne savent pas quel type précis (progestatif seul ou combiné) elles utilisent.

L’étude souligne également une faible perception des différences de risque entre hommes et femmes : la majorité considère que les facteurs de risque ont un impact équivalent selon le sexe, et environ 1 personne sur 5 déclare ne pas savoir.

Figure 2 : Prévalence des facteurs de risque déclarés

Figure 2 : prévalence des facteurs de risque déclarés 

Source : Rapport Ipsos–Organon, janvier 2026 

 

Enfin, bien que 81% déclarent un niveau de confiance allant de faible à élevé quant à leurs connaissances pour réduire leur risque, 19% expriment un manque de confiance. Les principaux freins à la prévention sont la fatigue (24%), le sentiment de ne pas être concerné (23%) et la difficulté à savoir quoi faire (17%). Ces résultats mettent en lumière un enjeu central : transformer l’information perçue en engagement concret.

Conclusion

Cette étude met en évidence un paradoxe : un sentiment global d’information élevé coexiste avec des lacunes objectives majeures, notamment sur les spécificités féminines et la prévention personnalisée. Bien que la moitié des adultes n’aient jamais abordé ce sujet avec un professionnel de santé, parmi ceux qui l’ont fait, le médecin généraliste demeure la principale source d’information cardiovasculaire.

Cette étude met en lumière un autre paradoxe majeur : les répondants des 7 pays européens interrogés se disent globalement informés et confiants en dépit de lacune et de l’objectivation d’un faible taux de sensibilisation par les professionnels de santé.

Renforcer le dialogue préventif, intégrer systématiquement les spécificités liées au sexe et aux étapes de la vie, et améliorer la littératie cardiovasculaire constituent des leviers essentiels pour réduire l’écart entre perception et réalité du risque.

Consultez le dossier spécial : Cœur et femmes 2026

 

Référence 

D’après le rapport Ipsos pour Organon, Understanding the General Population’s Awareness and Perception of Cardiovascular Health, janvier 2026