Une pression artérielle faible associée à une mortalité accrue chez les plus de 75 ans

Publié le vendredi 13 mars 2020
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APM news

LONDRES, 12 mars 2020 (APMnews) - Chez les personnes âgées de plus de 75 ans, une pression artérielle inférieure à 130/80 mmHg est associée à un excès de mortalité alors qu'une hypertension semble sans effet sur le risque de mortalité chez les patients fragiles de plus de 85 ans, selon une étude britannique parue dans Age and Ageing.

La prise en charge de la pression artérielle chez les personnes âgées fragiles reste sujette à débat car cette population est sous-représentée dans les essais cliniques.

Les essais contrôlés randomisés qui ont étudié la gestion de la pression artérielle chez les personnes âgées ont montré des conclusions différentes sur le pronostic cardiovasculaire des patients qui atteignent la cible que les études observationnelles et les preuves de l'intérêt d'une intervention chez les patients fragiles dont la pression artérielle est supérieure à 140/90 mmHg restent limitées.

Pourtant, mieux connaître le pronostic cardiovasculaire selon le profil de fragilité pourrait être essentiel pour une prise en charge plus sûre et plus personnalisée de la pression artérielle chez les personnes âgées.

Dans une étude prospective observationnelle, Jane Masoli de l'University of Exeter Medical School (Royaume-Uni) et ses collègues ont analysé l'association entre la pression artérielle et d'une part la mortalité toutes causes et d'autre part les évènements cardiovasculaires tels que l'accident vasculaire cérébral, l'infarctus, les procédures de revascularisation cardiaque et l'insuffisance cardiaque, chez des patients âgés de plus de 75 ans, stratifiés en fonction de leur fragilité.

Les chercheurs ont utilisé des données de santé extraites d'une base de données britannique (la Clinical Practice Research Datalink). Au total, ils ont inclus 415.980 patients âgés de 79,5 ans en moyenne et plus qui avaient 3 mesures de leurs pressions artérielles disponibles et suivis 4,5 ans en moyenne.

L'indice de fragilité était évalué grâce à la baseline electronic frailty index. Dans cette étude, 62,5% des patients n'étaient pas fragiles, 33,1% présentaient une fragilité légère, 4,1% modérée et 0,2% sévère. Au total, 55,1% des patients non-fragiles présentaient une hypertension quand 75,6% de ceux présentant une fragilité sévère étaient hypertendus.

Chez les patients âgés de plus de 75 ans, une pression artérielle inférieure à 120/80 mmHg était toujours associée à une surmortalité, l'augmentation du risque étant plus marquée au niveau de la pression artérielle systolique. Ainsi, chez les personnes non-fragiles dont la pression systolique était inférieure à 120 mmHg, le risque de mortalité était augmenté de 50% pour les 75-84 ans et de 41% pour les plus 85 ans, chez les personnes présentant une légère fragilité, ce risque passait à +65% chez les 75-84 ans et +49% chez les plus de 85 ans, et +60% et +22% respectivement chez les personnes présentant une fragilité modérée à sévère.

Concernant l'effet d'une pression artérielle systolique élevée, chez les plus de 85 ans, elle n'était pas associée à une mortalité augmentée par rapport à deux ayant une pression systolique de 130-139 mmHg, même au-delà de 180 mmHg.

Plus encore, alors qu'une PAS située entre 150 et 159 mmHg est habituellement considérée comme trop élevée, chez ces patients âgés elle était associée à une baisse du risque de mortalité de 6% chez les non-fragiles, de 12% en cas de fragilité légère, et de 16% pour une fragilité modérée à sévère.

Le constat est globalement le même chez les 75-84 ans, à l'exception des patients non fragiles dont le risque était légèrement accru quand la pression systolique dépassait 170 mmHg.

Les résultats étaient différents quand on s'intéressait aux risques d'évènements cardiovasculaires. Contrairement à la mortaltié, le risque d'événement augmentait quand la PAS était supérieure à 150 mmHg quelle que soit la catégorie de fragilité -mais n'était pas associé avec une hausse du risque de mortalité, en particulier chez les patients de plus de 85 ans fragiles.

Ainsi, l’hypertension ne semble pas être associée à une augmentation de la mortalité à des âges supérieurs à 85 ans ou à des âges entre 75 et 84 ans avec une fragilité modérée/grave. La priorité accordée à la réduction agressive de pression artérielle chez les personnes âgées fragiles exige une évaluation plus approfondie, concluent les auteurs.

Source: APMnews

Mots clés: Facteurs de risque Facteurs de risque

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