Trop de "bon cholestérol" ne serait pas bon

Publié le jeudi 19 mai 2022
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APM news

WASHINGTON, 18 mai 2022 (APMnews) - Les personnes ayant une maladie coronaire et dont le taux de HDL-cholestérol, le supposé "bon cholestérol", est très élevé ont un risque de décès augmenté par rapport à celles ayant un taux plus modéré, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, montre une étude observationnelle américaine publiée par le JAMA Cardiology.

On considère depuis longtemps que le taux de HDL-cholestérol a une relation inverse avec le risque cardiovasculaire. Pourtant, d'une part les études sur des médicaments visant à augmenter le taux de HDL se sont soldées par des échecs, d'autre part il a été montré que des variants génétiques modifiant le taux de HDL n'étaient pas associés au risque cardiovasculaire, soulevant quelques doutes, rappellent Chang Liu de l'université Emory à Atlanta et ses collègues.

Et surtout, des études épidémiologiques récentes ont montré, chez des personnes n'ayant pas de maladie cardiovasculaire au départ, qu'un taux très élevé de HDL-C était contre toute attente associé à une élévation de mortalité.

Les chercheurs américains ont voulu approfondir cette question en s'intéressant cette fois à une population de personnes déjà coronariennes.

Ils ont étudié deux cohortes de coronariens, l'une de 14.478 patients dans la UK Biobank, suivis durant 8,9 ans, et l'autre de 5.467 patients de l'Emory Cardiovascular Biobank, suivis durant 6,7 ans.

Ils ont observé une courbe en U: si comme on s'y attendait, les patients ayant un faible taux de HDL-C avaient une mortalité augmentée, la mortalité augmentait aussi pour les taux les plus hauts.

Que ce soit pour la mortalité globale ou la mortalité cardiovasculaire, le risque le plus bas était observé pour les taux de HDL-C entre 0,4 et 0,6 g/l.

Dans la cohorte britannique, les patients dont le taux de HDL-C dépassait 0,8 g/l avaient une mortalité globale doublée et une mortalité cardiovasculaire augmentée de 71%, par rapport à ceux entre 0,4 et 0,6 g/l. Dans la cohorte américaine, le surrisque était plus modéré, de 43% pour la mortalité globale et de 46% pour la mortalité cardiovasculaire.

Ce surrisque d'un HDL-C élevé était significatif surtout chez les hommes. Leur mortalité toutes causes confondues était multipliée par 2,6 alors que chez les femmes le HDL-C très élevé n'était associé qu'à une élévation de 39%.

Ces personnes ayant un HDL-C supérieur à 0,8 g/l étaient peu nombreuses: elles représentaient 1,8% de la cohorte britannique et 1,6% de la cohorte américaine.

Les personnes ayant un HDL-C entre 0,6 et 0,8 g/l avaient aussi un risque de décès augmenté (de 27% dans la cohorte britannique).

Cette observation d'une élévation de mortalité chez les coronariens avec un taux très élevé de HDL-cholestérol était indépendante des facteurs de risque classiques (diabète, antécédent d'infarctus, indice de masse corporelle) et aussi indépendant de la consommation d'alcool, qui peut augmenter le taux de HDL-C, notent les auteurs.

Pour expliquer ce phénomène inattendu, ils suggèrent qu'au-delà du taux de HDL-C, il pourrait y avoir différents types de particules HDL dont l'effet ne serait pas le même, et il est aussi possible que dans certaines circonstances ces particules lipidiques aient un effet pro-inflammatoire. Des recherches sont nécessaires pour comprendre.

Dans l'attente, ils notent que les systèmes de calcul du risque cardiovasculaire considèrent le HDL-C très élevé comme un facteur protecteur et qu'il est nécessaire de les modifier.

Source: APMnews

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