Les oméga-3 associés à une diminution de la mortalité cardiovasculaire (méta-analyse)

Publié le lundi 12 juillet 2021
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WASHINGTON, 9 juillet 2021 (APMnews) - Les acides gras oméga-3 sont associés à une diminution de la mortalité et de plusieurs événements cardiovasculaires comme l'infarctus du myocarde, notamment avec l'acide eicosapentaénoïque (EPA) utilisé en monothérapie, selon une méta-analyse publiée dans EClinical Medicine.

Les bénéfices des acides gras oméga-3 sont controversés dans la littérature.

Plusieurs études ont suggéré que les acides EPA et docosahexaénoïque (DHA) peuvent réduire le risque d'événements liés à l'athérosclérose.

D'autres essais cliniques ont montré que les acides gras oméga-3, en prévention cardiovasculaire, sont associés à un risque accru de fibrillation atriale, ou n'apportent pas de réels avantages aux patients.

Ces résultats d'essais discordants ont conduit à une incertitude considérable et à un débat sur le rôle potentiel des oméga-3 dans la réduction du risque d'événements cardiovasculaires.

L'équipe de Safi Khan, du département de médecine, de la West Virginia University aux Etats-Unis, a réalisé une méta-analyse de 38 essais contrôlés randomisés portant sur les acides gras oméga-3, EPA ou EPA+DHA afin d'analyser leur efficacité et leur innocuité sur les maladies cardiovasculaires chez les adultes.

Parmi ces essais cliniques, ceux avec l'EPA avaient des doses allant de 1,8 à 4 g/jour et ceux avec EPA+DHA de 0,4 à 5,5 g/jour.

Les critères de jugement étudiés étaient la mortalité cardiovasculaire, la mortalité toutes causes confondues, les évènements cardiovasculaires non mortels (l'infarctus du myocarde, l'AVC ischémique ou hémorragique), les maladies coronariennes, les événements cardiovasculaires indésirables majeurs (MACE) et la fibrillation auriculaire (FA).

Les acides gras oméga-3 étaient associés à une réduction de l'incidence de la mortalité cardiovasculaire de -1,4 cas pour 1.000 personnes-années (RR: 0,93) mais ne l'étaient pas pour la mortalité toutes causes confondues (-0,6 cas pour 1.000 années-personnes avec un RR: 0,97).

La méta-analyse a également montré une réduction de la mortalité cardiovasculaire avec l'EPA en monothérapie (RR: 0,82) ainsi qu'avec l'association EPA+DHA mais moins prononcée (RR: 0,94).

Les acides gras oméga-3 étaient également associés à une réduction de l'incidence de l'infarctus du myocarde non mortel de -2,7 cas pour 1.000 personnes-années (RR: 0,87) et de maladies coronariennes de -1,9 cas pour 1.000 années-personnes (RR: 0,91).

Cette diminution du risque d'infarctus du myocarde était plus élevée avec l'EPA en monothérapie (RR: 0,72) qu'avec l'association EPA+DHA (RR: 0,92). Des résultats similaires ont été observés pour les maladies coronariennes (RR: 0,73 vs RR: 0,94).

Concernant les MACE, encore une fois, les oméga-3 étaient associés à une réduction de ces événements (RR: 0,95). Elle était, une nouvelle fois, plus importante avec l'EPA seul (RR: 0,78). En revanche, la combinaison EPA+DHA n'a pas réduit le risque de MACE (RR: 0,99).

En revanche, les oméga-3 n'étaient pas associés à une réduction significative des AVC non mortels, sauf lorsque l'EPA était en monothérapie et uniquement lorsque les patients étaient comparés au groupe témoin. À l'inverse, les oméga-3 étaient associés à un risque accru de fibrillation atriale (RR: 1,26).

"Dans l'ensemble, les essais d'EPA en monothérapie ont montré des réductions du taux d'incidence plus élevées que dans les essais combinant l'EPA et le DHA", notent les auteurs.

"Diverses études ont mis en lumière les différences entre les deux oméga-3, en termes de structure, de formation et de métabolisme […] qui exerceraient des effets différents sur le système cardiovasculaire", avancent-ils, ajoutant que des mécanismes fondamentaux sous-jacents à ces résultats "méritent une enquête plus approfondie".

En revanche, "cette méta-analyse rassure sur le rôle des acides gras oméga-3, en particulier l'EPA, dans le cadre de la réduction du risque d'événements liés à l'athérosclérose et encourage les chercheurs à explorer davantage les effets cardiovasculaires de l'EPA dans différents contextes cliniques", concluent-ils.

Source: APMnews

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