Le taux de NT-proBNP associé au risque cardiovasculaire, indépendamment de la pression artérielle

Publié le mercredi 24 février 2021
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APM news

WASHINGTON, 23 février 2021 (APMnews) - Le biomarqueur cardiaque NT-proBNP est indépendamment associé au risque de maladies cardiovasculaires et à la mortalité et pourrait améliorer l'évaluation du risque, par rapport l'évaluation basée sur le niveau de pression artérielle, selon une étude américaine publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

De vastes études observationnelles ont montré une forte association entre la pression artérielle et l’incidence de la maladie coronaire, des AVC, de l’insuffisance cardiaque et de la mortalité cardiovasculaire. Cependant, les traitements antihypertenseurs peuvent entraîner différents effets indésirables si bien qu’identifier d’autres facteurs de risque se révèle très utile pour améliorer la stratégie thérapeutique.

Dans l'étude ARIC, il a été montré que la troponine T (hs-cTnT) était un marqueur du risque cardiovasculaire intéressant.

Aliza Hussain du Baylor College of Medicine à Houston (Texas) et ses collègues ont souhaité savoir si le marqueur cardiaque NT-proBNP, un autre marqueur bien connu du risque cardiovasculaire, pourrait aussi aider à identifier les patients à plus haut risque de pathologies cardiovasculaires.

En utilisant les données de l’étude ARIC, ils ont examiné l’association entre le taux de NT-proBNP et l’incidence des évènements cardiovasculaires (maladie coronaire, AVC ischémique et hospitalisation pour insuffisance cardiaque), de même que la mortalité toutes causes ou cardiovasculaire, en fonction des différentes catégories de pressions artérielles (systolique, diastolique, pulsée).

Au total, 9.309 participants, âgés de 62,6 ans en moyenne, ont été inclus dans l’étude. Ils ont été regroupés en fonction de leurs pressions cardiovasculaires systolique, diastolique ou pulsée puis stratifiés selon leur niveau de NT-proBNP.

Après un suivi médian de 16,3 ans, un quart (25,9%) des patients avaient présenté un événement cardiovasculaire. Au total, 1.359 maladies coronaires (10,2 pour 1.000 personnes-années), 500 AVC ischémiques (3,6 pour 1.000 patients-années), et 1.328 hospitalisations pour insuffisance cardiaque (9,7 pour 1.000 personnes-années) ont été rapportés.

La moitié des patients (52%) dont le NT-proBNP était élevée (plus de 300 pg/ml) ont développé un événement cardiovasculaire.

L’analyse statistique révèle que l’augmentation du taux de NT-proBNP était indépendamment associée à un risque accru d’événements cardiovasculaires, de mortalité cardiovasculaire et de mortalité toutes causes, quel que soit le niveau de pression artérielle systolique, diastolique et pulsée.

Ce marqueur permettrait de nuancer le risque lié à la pression artérielle. Ainsi, les participants dont la pression systolique était comprise entre 130 et 139 mmHg et dont le NT-proBNP était supérieur ou égal à 300 pg/ml présentaient un risque de développer une maladie cardiovasculaire multiplié par un facteur 3,4, comparé à ceux dont la pression systolique était un peu plus élevée (140-149 mmHg) mais le NT-proBNP était inférieur à 100 pg/ml.

Cette association s’observait pour les différents types d’évènements (maladie coronaire, AVC ischémique et hospitalisation pour insuffisance cardiaque), l’association la plus forte étant relevée pour les hospitalisations pour insuffisance cardiaque.

Concernant la pression diastolique, globalement le niveau de NT-proBNP était plus important que le niveau de pression diastolique pour identifier les patients à risque. Ils ont toutefois identifié un cas particulier: une pression diastolique basse (en-dessous de 60 mmHg) était associée à un risque accru d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque et de maladies cardiovasculaires, même quand le NT-proBNP était lui aussi bas.

Enfin, concernant la pression pulsée, les auteurs ont estimé que les patients dont la pression pulsée était supérieure ou égale 60 mmHg et dont le NT-proBNP était supérieur à 300 pg/ml présentaient un risque de maladie coronaire accru d’un facteur 3,8, d’AVC ischémique accru d’un facteur 11 et d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque d’un facteur 8,1, en comparaison des patients présentant une PP inférieure à 40 mmHg et une NT-proBNP faible.

L’association entre NT-proBNP et risque cardiovasculaire a persisté après stratification selon l’indice de masse corporelle et les facteurs de risque pré-existants.

Les auteurs concluent que l’élévation du NT-proBNP est indépendamment associée aux maladies cardiovasculaires et à la mortalité, quel que soit les niveaux de pressions artérielles systoliques, diastoliques ou pulsées. Cette association est particulièrement marquée pour l’insuffisance cardiaque, soulignent-ils.

Ils estiment que ce biomarqueur pourrait aider à identifier les sujets à plus haut risque cardiovasculaire chez qui l’initiation ou l’intensification d’un traitement anti-hypertenseur serait intéressante. Il permettrait notamment d'identifier des patients dont la pression artérielle est dans les limites de la normale mais qui ont malgré cela un risque augmenté.

De futures études seront nécessaires pour confirmer ces résultats.

Source: APMnews

Mots clés: Facteurs de risque Facteurs de risque

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