Arrêt cardiaque : 10% des survivants récidivent, malgré une cause jugée réversible et traitée

Publié le vendredi 9 décembre 2022
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APM news

WASHINGTON, 8 décembre 2022 (APMnews) - Près de 10% des patients ayant survécu à un arrêt cardiaque ont des récidives ultérieures, et ne bénéficient souvent pas d'une prévention secondaire par défibrillateur implantable car l'évènement initial a été jugé lié à une cause potentiellement réversible et traitée, selon une étude américaine publiée dans Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology.

Afin de caractériser et évaluer l'ampleur des arrêts cardiaques extra-hospitaliers récidivants chez les patients ayant survécu à un arrêt cardiaque, Elizabeth Held du Smidt Heart Institute du Cedars-Sinai Health System à Los Angeles et ses collègues ont vérifié prospectivement les cas d'arrêt cardiaque recensés dans l'Oregon Sudden Unexpected Death Study, et identifié prospectivement et rétrospectivement les cas de récidive.

Sur 6.649 personnes ayant eu un arrêt cardiaque en 2002 et 2020, 924 (1,4%) ont survécu à l'hospitalisation, dont 88 (10%) ont eu une récidive d'arrêt cardiaque. Parmi les autres patients, qui n'ont pas survécu, 35 avaient fait une récidive d'arrêt cardiaque.

Au total ce sont donc 123 cas d'arrêt cardiaque récidivant qui ont été identifiés, dont 113 qui ont eu deux arrêts cardiaques et 10 qui en ont eu trois.

Le premier arrêt cardiaque était non choquable dans un quart à un tiers des cas, tandis que cette proportion s'élevait à plus de la moitié des cas (55%) pour les deuxièmes arrêts cardiaques, et à 80% pour les troisièmes arrêts cardiaques.

La survie après un arrêt cardiaque récidivant était de 21%.

Plus de 60% de ces récidives sont survenues au moins un an après l'arrêt cardiaque initial (en médiane 23 mois après, avec des extrêmes de six jours à 31 ans).

Parmi les récidives, 22% sont survenues malgré l'implantation d'un défibrillateur en prévention secondaire, et 15% malgré une revascularisation coronaire dans les 10 jours suivant le premier évènement.

Dans de nombreux cas, un défibrillateur n'a pas été implanté après le premier arrêt cardiaque parce qu'il a été considéré que l'évènement avait une cause réversible et que celle-ci avait été traitée: sur 70 cas pour lesquels ces données étaient disponibles, l'arrêt cardiaque a été considéré réversible dans 61 cas, avec une cause jugée non coronaire dans 43 cas (61%) et coronaire dans 18 cas (26%) qui ont alors subi une revascularisation coronaire avec succès.

Dans sept cas, l'implantation d'un défibrillateur a été refusée par le patient, et dans deux cas, elle a été proposée mais le patient est sorti de l'hôpital avant l'implantation et a été perdu de vue ensuite.

La prévalence de la maladie coronaire, de l'hypertension, du diabète et de la néphropathie chronique était significativement plus élevée parmi les patients ayant eu des récidives d'arrêt cardiaque que parmi les survivants sans récidive.

"Bien que des investigations supplémentaires soient nécessaires, nos résultats suggèrent qu'une prise en charge intensive et optimisée de ces quatre conditions pourrait réduire le risque de récidive d'arrêt cardiaque", ainsi qu'"une nouvelle focalisation sur l'évaluation rigoureuse du substrat cardiaque" de l'arrêt cardiaque considéré, commentent les auteurs.

(Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology, publication en ligne du 16 novembre)

Source: APMnews

Mots clés: Coronaire Coronaire

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