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Les myocardites les plus graves sous immunothérapie contre le cancer surviennent lors du premier mois de traitement
Publié le vendredi 24 avril 2026
Les myocardites sont des événements indésirables rares sous immunothérapie mais qui sont d'autant plus à risque d'être fatales qu'elles surviennent précocement, notamment lors du premier mois de traitement, selon une étude présentée au congrès de l'American Association for Cancer Research (AACR), à San Diego.
Les immunothérapies par inhibiteur de checkpoints immunitaires (ICI) utilisées dans de très nombreux cancers peuvent provoquer de nombreux effets secondaires d'ordre immun, parmi lesquels des myocardites, qui sont rares mais à risque important de conduire à un décès, rappellent Hassan Abushukair du Stephenson Cancer Center à Oklahoma City et ses collègues.
D'après l'étude présentée par le Dr Abushukair, ce sont les myocardites survenues dans le premier mois de traitement qui sont les plus à risque de conduire à un décès. Le niveau de risque est alors 2 à 2,6 fois plus important par rapport aux cas survenus entre un mois et un an après initiation de l'immunothérapie.
"Notre analyse montre que le premier mois suivant le début d'un traitement par ICI constitue une période cruciale pour évaluer le risque de décès par myocardite chez les patients. Si un patient sous ICI développe une myocardite au cours de ces 30 premiers jours, c'est un signal d'alarme", a-t-il déclaré, cité dans un communiqué de l'AACR. "Cela donne aux cliniciens une fenêtre temporelle exploitable pour déterminer pour qui le traitement par ICI peut être dangereux."
Les myocardites liées à l'immunothérapie sont aussi plus à risque de conduire à un décès quand elles sont concomitantes à une myosite et à une myasthénie -cette co-occurrence de troubles neuromusculaires étant qualifiée de syndrome de chevauchement triple M (TMOS). Les patients avec un TMOS sous immunothérapie auraient ainsi un risque 2,7 fois plus important de décès que les patients ayant uniquement développé une myocardite.
Ces résultats proviennent d'analyses réalisées à partir des données de la base de pharmacovigilance Vigibase de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Y ont été recensés 2.641 cas de myocardites survenues sous immunothérapie, dont 20,9 % étaient concomitants à une myosite ou une myasthénie, et 7,7 % inclus dans un TMOS.
La précocité de la myocardite et sa co-occurrence avec d'autres troubles neuromusculaires sont deux facteurs associés, car 80,8 % des TMOS sont survenus dans le premier mois de traitement, contre 50,1 % des cas isolés de myocardite.
Par rapport aux myocardites seules, les TMOS déclarés ont été détectés chez des patients plus âgés (75 ans en médiane, vs 68 ans), plus masculins (66 % d'hommes vs 57 %), et davantage dans des mélanomes (36 % des cas vs 17 %).
Pour les patients à risque cardiaque, le Dr Abushukair a conseillé un suivi rapproché et une éducation renforcée des patients plutôt que de les priver d'office d'une immunothérapie.
