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La FIV associée à un risque accru d'hypospadias et de cardiopathie congénitale concomitants
Publié le mercredi 8 juillet 2026
Le recours à la fécondation in vitro (FIV) est associé à une augmentation du risque de survenue concomitante de deux des malformations congénitales les plus fréquentes chez les garçons, à savoir l'hypospadias et les cardiopathies congénitales, avec un risque absolu qui demeure toutefois faible, selon une étude américaine publiée dans Human Reproduction.
Chez les garçons, l'hypospadias, une malformation de l'urètre visible à la naissance, a été associé à une prévalence près de six fois plus élevée de cardiopathie congénitale, rappellent Melissa Richard du Baylor College of Medicine à Houston (Texas) et ses collègues. Une association avec la FIV a été montrée pour chacune de ces malformations prises isolément, mais pas de façon concomitante.
Cela a conduit les chercheurs à mener une étude populationnelle pour évaluer la co-occurrence de ces deux malformations dans un contexte de conception par FIV. "La rareté de l'association entre plusieurs malformations congénitales chez un même enfant nécessite de très grands effectifs disposant d'informations détaillées à la fois sur les caractéristiques des traitements de FIV et sur les caractéristiques maternelles, afin de distinguer le rôle respectif de ces différents facteurs dans la survenue des malformations congénitales", expliquent-ils.
Ils ont analysé les naissances vivantes survenues dans quatre États américains (Massachusetts, New York, Caroline du Nord et Texas) entre 2004 et 2018. Ces données ont été couplées à celles des cycles de FIV enregistrés dans le registre Society for Assisted Reproductive Technology Clinic Outcome Reporting System (SART CORS) et des registres d'État des malformations congénitales.
Parmi les 731.838 garçons inclus, 267 enfants présentant à la fois un hypospadias et une cardiopathie congénitale majeure ont été identifiés, dont 65 conçus par FIV et 202 témoins.
Après ajustement sur les principaux facteurs de confusion, la FIV était associée à une prévalence légèrement augmentée pour l'hypospadias et les cardiopathies congénitales pris isolément, respectivement de 15 % et 14 %.
En revanche, l'association entre la FIV et la survenue concomitante d'un hypospadias et d'une cardiopathie congénitale suggérait une relation plus forte que celle observée pour chacune de ces malformations prises isolément, avec une prévalence augmentée de 116 %.
Parmi les garçons avec un hypospadias, 4,4 % de ceux conçus sans FIV présentaient également une cardiopathie congénitale majeure, contre 6,9 % de ceux conçus par FIV. De plus, la prévalence des cardiopathies congénitales était plus élevée chez les garçons présentant les formes les plus sévères d'hypospadias, qu'ils aient été conçus par FIV (14,1 %) ou de manière spontanée (10,8 %).
Les chercheurs se sont également intéressés aux caractéristiques des traitements contre l'infertilité.
La prévalence de l'hypospadias ou d'une cardiopathie congénitale était de 2,8 % chez les garçons conçus à partir d'embryons congelés et de 2,7 % chez ceux dont le père présentait un diagnostic d'infertilité masculine. La survenue concomitante de ces deux malformations a été observée chez les garçons conçus à partir d'ovocytes de donneuse (avec transfert d'embryons frais ou congelés) ainsi que chez ceux dont le père présentait une infertilité masculine, bien que le risque absolu soit resté faible.
Enfin, le recours à l'injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) augmentait le risque de malformations isolées ou associées, indépendamment de l'existence d'un diagnostic sous-jacent d'infertilité masculine.
"Des travaux complémentaires sont nécessaires afin d'étudier d'autres associations de malformations congénitales, d'autres résultats en fonction du mode de conception, ainsi que les mécanismes biologiques susceptibles d'expliquer ces associations", concluent les chercheurs.
(Human reproduction, publication en ligne du 18 juin)
