Recommandations sur le diagnostic et la prise en charge des maladies de l'aorte

Publié le mercredi 12 novembre 2014

Il s’agit là des premières recommandations de l’ESC portant sur l’ensemble des maladies de l’aorte, tant aorte thoracique qu’abdominale. C’est cet abord holistique de l’aorte, considérée comme un organe à part entière, qui constitue la grande originalité de ces recommandations.

Elles intègrent tous les aspects des atteintes aortiques, formes aiguës, des dissections spontanées aux formes traumatiques, formes chroniques, inflammatoires, génétiques (maladie de Marfan)…Elles  abordent comme un tout, malgré les différences qui peuvent émerger, les lésions thoraciques et abdominales, même si souvent leurs prises en charge respectives peuvent être du ressort d’équipes différentes, chirurgie cardiaque d’un côté, vasculaire de l’autre. Il faut noter la bonne différenciation qui est faite entre hématome disséquant, ulcère pénétrant, faux anévrisme et leur traitement.

Au chapitre du diagnostic, c’est l’imagerie qui est mise en avant et tout particulièrement les méthodes non invasives, échocardiographie transthoracique et transoesophagienne, échographie-Doppler abdominale, scanner, qui apparaît comme la technique de référence et IRM. L’aortographie conventionnelle est, elle, d’utilité plus limitée. Pour le suivi des atteintes aortiques il est recommandé d’utiliser la même technique de manière à ne pas induire de variabilité liée à la méthode (recommandation Ic).

Une place importante est faite au traitement endovasculaire, tant au niveau thoracique qu’abdominal. Le choix doit se faire au cours d’une discussion multidisciplinaire en fonction de l’état général du patient, de son pronostic et bien sûr des caractéristiques anatomiques de l’aorte et de ses branches. (recommandation Ic).

Les seuils d’interventions sont bien précisés. Ainsi pour les anévrismes de la racine  de l’aorte, en cas de maladie de Marfan, le seuil d’intervention est fixé à 50 mm (recommandation Ic). En cas de syndrome de Marfan à risque (antécédents familiaux de dissection, dilatation, progressive de l’aorte, atteinte valvulaire sévère...), le seuil d’intervention peut être fixé à un diamètre de l’aorte tubulaire de 45 mm (recommandation II a). En cas  de bicuspidie associée, ce seuil est à 50 mm et est à 55 mm pour les patients sans élastopathie (recommandation IIa).

Le dépistage des anévrismes de l’aorte abdominale est quant à lui recommandé chez tous les hommes de plus de 65 ans (Ia) , une mesure de l'aorte abdominale au cours de toute échocardiographie est également indiquée chez ces sujets (recommandation IIa).

Le traitement endovasculaire ou chirurgical des anévrismes de l’aorte abdominale est indiqué à partir de 55 mm, à la différence des recommandations françaises qui sont plus en faveur d’un traitement à partir de 50 mm. L’indication doit également être portée en cas d’une progression de la taille de l’anévrisme de plus de 10 mm/an (recommandation Ib).

Enfin,  une enquête familiale est recommandée chez tous les sujets présentant un anévrisme de l’aorte ascendante ou à fortiori une dissection.

Il est difficile de résumer plus avant ces recommandations tant elles sont complètes et représentent une somme de travail et de connaissances considérables. En tout état de cause,  elles permettent de répondre à pratiquement toutes les questions que peut se poser le praticien, il s’agit là d’un document de référence.

http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/ehj/35/41/2873.full.pdf

 

Voir aussi :

Les recommandations sur l'embolie pulmonaire, N. Meneveau

Les recommandations sur la prise en charge cardiologique en chirurgie non cardiaque, B. Iung

Les recommandation sur les cardiomyopathies hypertrophiques, A. Hagège

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