Un surrisque d’infarctus et d’AVC dans les 5 mois précédant le diagnostic d'un cancer

Publié le jeudi 3 janvier 2019
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WASHINGTON, 31 décembre 2018 (APMnews) - Un risque 69% plus élevé d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral (AVC) s’observe chez des patients âgés dans l’année avant un diagnostic de cancer, le risque augmentant surtout dans les 5 mois précédents, selon une étude américaine parue dans Blood.

Un surrisque thrombo-embolique chez des patients atteints de cancer a déjà été décrit mais la question se posait de savoir quand il débutait. Babak Navi, du Weill Cornell Medicine de New York (Etats-Unis), et ses collègues ont exploité les données de 748.662 assurés du système d'assurance maladie des personnes âgées américaines Medicare ainsi que du registre de Surveillance, Epidemiology and End Results (SEER).

Ils ont identifié 374.331 patients d’au moins 67 ans ayant eu un diagnostic de cancer du sein, du poumon, de la prostate, du côlon, de la vessie, de l’utérus, du pancréas ou de l’estomac, ou de lymphome non-hodgkinien, entre 2005 et 2013.

Par rapport à une population sans cancer appariée sur des critères d’âge, de comorbidités et de facteurs démographiques, ces patients présentaient un risque 69% plus élevé de présenter un événement thrombo-embolique au cours de l’année précédant leur diagnostic de cancer.

La hausse du risque débutait 5 mois avant le diagnostic de cancer, avec un pic au cours du mois précédant le diagnostic.

Ce mois-là, 0,62% des patients atteints de cancer ont présenté un événement thrombo-embolique (infarctus principalement, et AVC) contre 0,11% du groupe contrôle, soit un risque plus de 5 fois plus élevé.

Le risque augmentait avec l’âge des patients et était plus élevé chez ceux atteints d’un cancer du poumon ou du côlon ou d’un cancer de stade avancé (3 ou 4).

Ces résultats suggèrent que l’effet du cancer sur le système de coagulation pourrait être le principal facteur de risque d’AVC et d’infarctus chez ces patients.

Cela incite aussi à vérifier que les patients présentant un infarctus ou un AVC sont à jour des examens de dépistage propres à leur âge et leur sexe (coloscopie, mammographie, etc) et à rechercher un cancer s'il y a aussi des signes évocateurs non expliqués tels que perte de poids ou anémie, commentent les auteurs.

Les auteurs admettent cependant certaines limites, comme le fait de ne pas avoir pu tenir compte de certains facteurs de risque communs comme le tabagisme, mais aussi la possibilité que l’événement thrombo-embolique, en amenant les patients dans le système de soin, ait augmenté la probabilité qu’ils soient diagnostiqués au cours des mois suivant.

(Blood, édition du 21 décembre 2018)

Source : APM international

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