Le risque d'insuffisance cardiaque augmente avec la sévérité de l'infection par le VIH

Publié le jeudi 29 septembre 2022
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APM news

WASHINGTON, 26 septembre 2022 (APMnews) - Le risque d'insuffisance cardiaque incidente a été associé au niveau de sévérité de l'infection par le VIH, dans une étude cas-contrôle américaine publiée dans JAIDS.

Jennifer Lam du Kaiser Permanente Northern California à Oakland (Californie) et ses collègues ont eu pour objectif de décrire les différences de risque d'insuffisance cardiaque incidente en fonction du niveau de sévérité de l'infection par le VIH et du sexe chez des affiliés d'un système de santé américain, le Kaiser Permanente.

Car, pointent-ils, si de précédentes études ont mis en évidence un risque d'insuffisance cardiaque incidente multiplié par un facteur 1,5 à 3 chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) par rapport à des contrôles non infectés, ce surrisque ne peut pas être totalement expliqué par une plus forte prévalence des facteurs de risque classiques de l'insuffisance cardiaque.

Ils ont conduit leur étude rétrospective à partir des données de 38.868 PVVIH et de 386.569 contrôles séronégatifs, membres du Kaiser Permanente entre 2000 et 2016, et appariés notamment sur la base du sexe, de l'âge et de l'année d'initiation du suivi. A l'inclusion, les participants étaient âgés d'au moins 21 ans et n'avaient pas d'antécédent d'insuffisance cardiaque.

L'âge moyen était de 41 ans et 88% des participants étaient des hommes.

Au cours d'un suivi moyen d'environ 5 ans, une insuffisance cardiaque incidente a été identifiée chez 230 PVVIH et 3.298 contrôles.

Les chercheurs ont constaté que par rapport à ce qui était observé chez les séronégatifs, le risque d'insuffisance cardiaque incidente était significativement plus élevé chez les PVVIH dont le taux de CD4 mesuré au cours des six derniers mois (taux "récent") était faible (+82% pour un taux compris entre 200 et 499 cellules/µL et +226% pour un taux inférieur à 200 cellules/µL), de même que chez ceux ayant un taux de CD4 au nadir faible (surrisque de 56% pour un taux inférieur à 200 cellules/µL au nadir). Mais ce n'était pas le cas chez les PVVIH ayant un taux récent de CD4 normal, soit supérieur à 500 cellules par µL.

Le surrisque était retrouvé chez les PVVIH quelle que soit leur charge virale plasmatique récente, avec un risque croissant en fonction de la charge virale. Lorsque cette dernière était supérieure ou égale à 10.000 copies par ml, le risque d'insuffisance cardiaque était le plus élevé, multiplié par 2,6.

Les chercheurs notent que les associations entre le risque d'insuffisance cardiaque incidente et le taux de CD4 (récent ou au nadir) et la charge virale étaient plus fortes chez les femmes que chez les hommes.

"Etant donné l'association qui existe entre la sévérité de l'infection par le VIH et l'insuffisance cardiaque, le fait d'optimiser les traitements anti-VIH et la prise en charge de la maladie pourrait être important pour prévenir l'insuffisance cardiaque chez les PVVIH", concluent les chercheurs.

(JAIDS, édition du 1er octobre 2022, vol. 91, n°2, pages 175-181)

Source: APMnews

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