En 10 ans, la prise en charge des syndromes coronaires aigus s'est améliorée mais la létalité stagne

Publié le jeudi 30 juin 2022
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SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 29 juin 2022 (APMnews) - La prise en charge des syndromes coronaires aigus (SCA) lors de la phase aiguë s'est améliorée entre 2006 et 2016 mais la létalité à un an est restée stable sur cette période, selon une synthèse d'études publiée mardi par Santé publique France dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Pour évaluer l'impact des nouvelles stratégies sur le pronostic des SCA, Victoria Gauthier de l'Université de Lille, de l'Inserm et de l'Institut Pasteur de Lille et ses collègues ont comparé avec ses collègues la prise en charge thérapeutique des SCA entre 2006 et 2016 et examiné l'évolution de la létalité à un an.

Les épisodes de SCA (infarctus avec ou sans élévation du segment ST [STEMI et NSTEMI], angor instable et les ST+ avec troponines équivoques ou normales) ont été analysés via les données des trois registres français de morbi-mortalité des cardiopathies ischémiques (registres MONICA, Multinational monitoring of trends and determinants in cardiovascular disease).

L'association entre les traitements et la létalité a été évaluée par régression de Cox et stratifiée selon la catégorie diagnostique de l'événement (STEMI, NSTEMI, angor instable et autre) en réponse à des stratégies de prise en charge différentes, et ajustée sur l'âge et le sexe.

Au total, 2.023 patients en 2006 et 1.173 en 2016 hospitalisés pour un SCA ont été inclus.

Forte baisse de la part de patients hospitalisés pour un angor instable

La proportion de patients dans la tranche d'âge 55-64 ans a augmenté pendant la décennie ainsi que celle des NSTEMI qui est passée de 26% en 2006 à 39% en 2016. En revanche, le part de patients hospitalisés pour un angor instable a chuté en dix ans, passant de 14% à 7%.

La létalité des SCA à un an atteignait 11% en 2006 et 10% en 2016.

Les chercheurs ont analysé les taux de prescriptions des principaux traitements de la phase aiguë. La proportion de thrombolyses a significativement diminué de 18% à 2% en dix ans chez les patients STEMI. En revanche, la proportion d'angioplasties a significativement augmenté de 79% à 89% chez ces patients, avec une augmentation de la pose de stents actifs (+57%).

L'utilisation des β-bloquants (environ 82%), des antiagrégants plaquettaires (environ 97%), des statines (environ 83%) et des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) ou des antagonistes des récepteurs de l'angiotensine (ARA II) est restée stable.

Néanmoins, la part des prescriptions d'antiagrégants plaquettaires de nouvelle génération (ticagrélor et prasugrel) a augmenté et était de 50% en 2016 pour les STEMI et NSTEMI et de 38% pour l'angor instable. La prescription des nouveaux anticoagulants a aussi connu un essor important (15% de prescriptions en phase aiguë en 2016).

La durée moyenne d'un séjour d'hospitalisation s'est raccourcie de deux jours en dix mois (de 9 à 7 jours) pour un patient STEMI, d'un jour et demi pour un NSTEMI.

Au total, 1.869 patients sur 2.023 en 2006 et 1.099 sur 1.173 en 2016 ont survécu à l'épisode aigu et ont bénéficié d'une prescription à la sortie de l'hospitalisation. Elles sont aussi restées stables. Seuls, les taux de prescription de rééducation fonctionnelle ont augmenté de 44% à 58% chez les patients STEMI.

Evolution très favorable des anti-agrégants plaquettaires sur le risque de décès à un an

Les chercheurs ont également décrit le risque de décès à un an associé aux traitements à la phase aiguë et en sortie d'hospitalisation.

Ainsi, l'angioplastie lors de la phase aiguë était associée à un risque réduit de létalité à un an pour les STEMI (de 49% en 2016) et NSTEMI (de 79%). Des résultats proches de 2006.

Le pronostic des sujets recevant un traitement anti-agrégant plaquettaire a évolué favorablement. Le traitement était associé à un risque réduit de 88% de décès en 2006 puis de 98% en 2016 chez les STEMI et de 64% à 96% chez les NSTEMI.

Concernant l'analyse des traitements de référence lors des prescriptions de sortie, ils étaient "inversement associés à la létalité à 1 an en 2006 et en 2016, sans évolution statistiquement notable du risque pendant la période", notent les auteurs.

Dans leur discussion, les chercheurs soulignent que ces résultats sur la stabilité de la létalité à un an peuvent s'expliquer par les faibles taux de progression de prescription des principaux traitements à la phase aiguë et en sortie d'hospitalisation "déjà très élevés en 2006", ce qui rend "difficile la mise en évidence d'éventuels bénéfices supplémentaires".

Seconde hypothèse formulée: la prise en charge extra-hospitalière des SCA s'est améliorée et "s'est traduite par l'augmentation des admissions de patients au pronostic vital altéré, tel que les arrêts cardiaques réanimés à l'hôpital".

Source: APMnews

Mots clés: Coronaire Coronaire

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