Les premières données nationales sur les cardiopathies congénitales montrent qu'elles concernent 1% des naissances

Publié le lundi 4 avril 2022
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DIJON, 1er avril 2022 (APMnews) - Les cardiopathies congénitales sont fréquentes en France et concernent 1% des naissances, selon la première évaluation réalisée à partir des données exhaustives d'hospitalisations en métropole, présentées vendredi lors du congrès Adelf-Emois (Association des épidémiologistes de langue française-Evaluation, management, organisation, information, santé) à Dijon.

Globalement l'incidence des cardiopathies congénitales progresse, notamment du fait d'un meilleur diagnostic grâce à l'échographie, ainsi qu'une meilleure prise en charge qui réduit les décès périnataux et les interruptions de grossesse. L'espérance de vie des patients progresse et la prévalence à l'âge adulte est d'environ 1/1.000.

Cette évolution nécessite une surveillance épidémiologique régulière, a introduit Amélie Bruandet du centre hospitalier régional de Lille. Or, les données épidémiologiques françaises sont issues de registres régionaux qui ne couvrent pas l'ensemble du territoire et sont manquantes pour certaines années. L'équipe a utilisé la base du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI)-MCO pour un recueil épidémiologique exhaustif des cardiopathies congénitales en France de 2010 à 2019, ainsi que le chaînage mère-enfant des données. Elle a également procédé à une comparaison avec une population de référence hospitalisée en MCO, sans cardiopathie congénitale.

Les chercheurs ont inclus les enfants de 2 ans ou moins résidant en métropole hospitalisés en MCO entre 2010 et 2019, en prenant en compte les morts foetales in utero et les interruptions médicales de grossesse.

Ils ont mis en évidence une incidence de 10,1/1.000 naissances et constaté que, dans près de 80% des cas, ces cardiopathies étaient diagnostiquées avant 1 mois de vie. Ils rapportent un taux de mortalité de 13%, avec des décès qui survenaient dans 86% des cas dans les 30 premiers jours de vie. Dans les trois quarts des cas, la pathologie était liée à une malformation des cloisons cardiaques.

Ils ont observé une incidence plus importante lorsque les enfants naissaient prématurés et qu'ils avaient un petit poids de naissance.

En comparant les enfants atteints d'une cardiopathie à la population de référence, l'âge maternel n'était pas un facteur de risque. En revanche, ils ont mis en évidence un taux de primiparité, de gémellité et de césarienne supérieur.

Pour le Dr Bruandet, ces données montrent que les cardiopathies congénitales sont fréquentes. Leur incidence dans la base PMSI-MCO est légèrement supérieure à celle rapportée dans la base européenne EUROCAT. Le taux de décès apparaissait similaire aux publications internationales.

La littérature scientifique sur les cardiopathies congénitales disponible jusqu'à présent n'avait pas révélé une plus grande fréquence en cas de primiparité et de gémellarité.

Source: APMnews

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