Semi-échec en phase IIb d'une injection de cellules souches mésenchymateuses lors de la pose d'une assistance ventriculaire gauche

Mis à jour le mercredi 21 novembre 2018
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Congrès AHA 2018

CHICAGO, 14 novembre 2018 (APMnews) - Une injection intramyocardique de cellules souches mésenchymateuses au moment de la pose d'un dispositif d'assistance ventriculaire gauche n'a pas permis d'améliorer la récupération cardiaque des patients, dans une étude de phase IIb présentée dimanche au congrès de l'American Heart Association (AHA) à Chicago.

Les cellules souches mésenchymateuses allogéniques MPC-150-IM de la société Mesoblast, isolées de la moelle osseuse de donneurs, sont actuellement en phase III d'essais cliniques dans l'insuffisance cardiaque chronique avancée, rappelle-t-on. En avril 2017, la firme avait annoncé des résultats intermédiaires "encourageants" de cette phase III, baptisée DREAM-HF-1, d'après l'analyse intérimaire prévue sur les 270 premiers patients inclus. L'essai doit porter pour finir sur 600 patients. Il doit être achevé en décembre 2019, selon le site ClinicalTrials.gov.

Un essai de phase IIb a également été mené cette fois pour évaluer l'efficacité et la sécurité de ce produit dans le cas spécifique des patients devant recevoir un dispositif d'assistance ventriculaire gauche pour une insuffisance cardiaque avancée d'étiologie ischémique ou non ischémique, et que ce soit en attendant une greffe ou en traitement définitif. L'essai a été financé par les National Institutes of Health (NIH).

Au total, 159 patients ont été randomisés, dans un rapport 2 pour 1, entre l'injection des cellules souches et une injection simulée (sham) intramyocardique, pendant la pose du dispositif d'assistance ventriculaire gauche.

Le critère principal d'efficacité était la proportion de sevrages temporaires (pendant 30 minutes) réussis de l'assistance ventriculaire gauche, au cours de 3 tests réalisés à 2 mois, 4 mois et 6 mois. Cette proportion n'était pas différente entre les 2 groupes: 59% dans le groupe traité contre 58% dans le groupe contrôle à 2 mois, 66% contre 53% à 4 mois et 62% dans les 2 groupes à 6 mois. Au total sur les 3 tests, il y a eu 61% contre 58% de sevrages réussis, sans différence statistiquement significative, selon le diaporama ayant servi de support à la présentation en session late-breaking science.

L'analyse de différents sous-groupes montre toutefois un "signal positif" chez les patients ayant une insuffisance cardiaque d'étiologie ischémique, avec une amélioration statistiquement significative des sevrages réussis (risque relatif augmenté de 55%).

En outre, les analyses de sécurité montrent une diminution statistiquement significative des saignements gastro-intestinaux dans le groupe ayant reçu la thérapie cellulaire, avec 3,8 évènements pour 100 patients-mois contre 15,9 évènements dans le groupe contrôle.

Dans un webcast de présentation des résultats de l'étude diffusé lundi, Mesoblast met en avant ce résultat positif sur les saignements gastro-intestinaux, soulignant que ces évènements sont l'une des principales causes d'hospitalisations attribuables au dispositif. L'essai "a réussi à atteindre le critère cliniquement pertinent identifié par la FDA de réduction des saignements gastro-intestinaux et des hospitalisations associées", conclut la présentation du webcast.

La société indique que lors d'une réunion avec la Food and Drug Administration (FDA) en juin, il est ressorti que les saignements gastro-intestinaux non chirurgicaux et/ou épistaxis (saignements de nez) sont des issues cliniquement pertinentes pour ce type de patients et représentent un besoin thérapeutique non couvert, tandis que les sevrages temporaires sont considérés comme un biomarqueur et non comme un critère clinique pertinent en soi.

La firme souhaite rencontrer la FDA afin de lui soumettre les résultats complets de l'étude et discuter d'un éventuel dépôt de demande d'autorisation de mise sur le marché, indique-t-elle dans son webcast.

Si la diminution des saignements gastro-intestinaux est confirmée dans de futurs essais, "cela pourrait mener à une nouvelle approche thérapeutique", note Francis Pagani de l'université du Michigan à Ann Arbor, dans le diaporama présenté au congrès.

Source : APM News

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