L'aspirine bénéfique en prévention primaire chez les diabétiques insuffisants cardiaques

Mis à jour le jeudi 15 novembre 2018
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WASHINGTON, 7 novembre 2018 (APMnews) - L'aspirine à faible dose réduit la mortalité de toute cause chez les patients diabétiques atteints d'insuffisance cardiaque, montre une étude qatarienne publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Les patients atteints de diabète de type 2 ont un risque plus élevé d'évènements cardiovasculaires et une mortalité plus élevée, liés notamment à une hypercoagulabilité et à une réactivité plaquettaire augmentée. Mais l'aspirine ne s'est pas montrée bénéfique en prévention primaire cardiovasculaire chez les diabétiques.

L'insuffisance cardiaque est également associée à une hypercoagulabilité, mais le bénéfice de l'aspirine chez les patients concernés (alors évaluée en prévention secondaire car ces patients ont la plupart du temps des antécédents d'évènements cardiovasculaires) est controversé, expliquent les auteurs.

Or l'insuffisance cardiaque a un impact important sur la mortalité cardiovasculaire chez les diabétiques, et on manque de données sur l'aspirine chez les patients présentant ces deux conditions, à haut risque cardiovasculaire mais sans antécédent d'évènement ischémique, soulignent Charbel Abi Khalil de Weill Cornell Medicine à Doha et New York.

A partir d'une base de données de médecine générale prospective britannique, ils ont comparé, parmi les patients ayant eu un diagnostic de diabète et d'insuffisance cardiaque, 5.967 d'entre eux qui étaient sous aspirine et 6.567 qui ne l'étaient pas.

Après ajustement en fonction d'un score de propension et d'autres variables, l'aspirine s'est avérée significativement associée à une diminution de 12% du critère principal regroupant les décès de toute cause et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Au sein de ce critère, c'est la mortalité de toute cause qui était significativement réduite sous aspirine, de 12%, tandis que les hospitalisations pour insuffisance cardiaque n'étaient pas significativement diminuées.

L'aspirine était en parallèle associée à une augmentation significative du risque d'infarctus non fatal, de 66%, et d'accident vasculaire cérébral (AVC) non fatal, de 23%.

Les hémorragies majeures et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque n'étaient pas augmentées sous aspirine.

Les chercheurs ont également examiné l'intérêt de doses d'aspirine supérieures à 75 mg, et n'ont pas identifié de bénéfice supplémentaire par rapport à de faibles doses.

« Notre étude suggère que l'aspirine est bénéfique chez les patients ayant un diabète de type 2 et une insuffisance cardiaque, âgés de 55 ans et plus, et sans antécédent d'infarctus et/ou de maladie coronaire, AVC, artériopathie périphérique ou fibrillation atriale », indiquent-ils.

Il leur semblerait « raisonnable d'envisager l'aspirine en prévention primaire chez les patients diabétiques et insuffisants cardiaques en l'absence d'autres contre-indications ».

(JAHA, publication en ligne du 24 octobre)

Source : APM International

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