Valvulopathies : premières expériences chez l'homme prometteuses pour un traitement par ultrasons non invasif

Publié le jeudi 2 juillet 2020
dans
APM news

PARIS, 30 juin 2020 (APMnews) - Une première étude chez l'homme, franco-néerlandaise, d'un nouveau traitement non invasif par ultrasons de la sténose valvulaire aortique a montré des résultats prometteurs, rapportés la semaine dernière au congrès virtuel EuroPCR.

Développé par la société française Cardiawave, ce traitement, baptisé Valvosoft*, consiste à élargir l'ouverture de la valve aortique en appliquant de courtes séquences d'ultrasons de haute intensité, focalisés directement sur la valve, depuis l'extérieur du corps. Ces ondes provoquent une microfragmentation des calcifications, sans endommager le tissu.

L'étude pilote a été menée chez 10 patients à l'Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP, Paris, AP-HP) et à l'hôpital Amphia de Breda (Pays-Bas).

Les patients inclus n'étaient pas éligibles à l'implantation de valve aortique percutanée (TAVI) ni à la chirurgie à coeur ouvert, du fait principalement de la présence de comorbidités ou de problèmes d'accès aux vaisseaux sanguins par cathéter. Environ 16% des patients ayant une sténose aortique symptomatique sévère, non éligibles à ces interventions, se retrouvent ainsi sans traitement alternatif, soulignent les auteurs dans un communiqué d'EuroPCR.

A 1 mois, il n'y a eu aucun décès.

Les critères de performance étaient améliorés: l'aire valvulaire aortique à 1 mois a été augmentée chez 8 patients, le gradient de pression a été diminué chez 7 patients, et la classe NYHA a été améliorée chez 7 patients, selon les résultats rapportés par Alexander Ijsselmuiden de l'hôpital Amphia.

Il apparaît que les patients répondeurs ont reçu un traitement plus long et d'une plus forte intensité que les non-répondeurs.A 6 mois, 2 non-répondeurs sur les 4 sont décédés, 1 répondeur sur les 6 est également décédé d'une insuffisance cardiaque progressive. Il n'y a eu aucun accident vasculaire cérébral (AVC). Aucun évènement indésirable sérieux n'a été identifié comme lié à la procédure ou au dispositif.

Les effets du traitement sur l'aire valvulaire aortique et la classe NYHA ont été maintenus à 6 mois.

Pour les prochaines étapes, les chercheurs prévoient d'administrer des doses plus fortes d'ultrasons et sur une durée de 60 min, avec des sessions de traitement répétées.

Ce traitement pourrait aussi être utilisé dans d'autres indications, suggèrent les auteurs dans le communiqué: pour améliorer l'état du patient et le préparer au TAVI, et pour des patients moins sévères (sténose aortique sévère mais asymptomatique, ou sténose aortique modérée) afin de ralentir la progression de la maladie et retarder le moment où ils auront besoin du remplacement de leur valve.

Source: APMnews

Dépêche précédente

Insuffisance cardiaque: les soins palliatifs réduisent les ré-hospitalisations multiples

Dépêche suivante

Fibrillation atriale : récidives moins fréquentes après ablation par cathéter qu'avec les médicaments

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire