Valves aortiques percutanées : la HAS confirme les critères actuels d'éligibilité des centres

Publié le vendredi 20 novembre 2020
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APM news

SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 19 novembre 2020 (APMnews) - La Haute autorité de santé (HAS), dans un nouveau rapport réévaluant les critères d’éligibilité des centres implantant des bioprothèses valvulaires aortiques par voie artérielle transcutanée ou par voie transapicale (Tavi), estime qu'il n’y a "pas d’argument pour remettre en cause" les critères actuels.

La HAS avait publié un rapport il y a 2 ans qui avait conduit à définir par arrêté les critères pour pouvoir réaliser des Tavi. Les établissements doivent faire au moins 100 interventions par an et doivent avoir des autorisations de chirurgie cardiaque et de cardiologie interventionnelle, les deux activités devant se trouver dans le même bâtiment, rappelle-t-on.

Cette activité est en progression constante. Dans les 55 établissements qui la pratiquent, on est passé de 7.066 interventions en 2015 à 13.837 en 2019.

Cela correspond à une augmentation de 97% des Tavi durant cette période, alors que dans le même temps on a observé une baisse de 13% des remplacements valvulaires aortiques chirurgicaux (de 16.474 en 2015 à 14.359 en 2019).

La majorité des 55 centres font plus de 150 Tavi par an, 9 en font entre 100 et 149. Seuls deux en font entre 50 et 99: le CHU de la Réunion et le Nouvel hôpital privé les Franciscaines à Nîmes (qui a débuté en 2018), mais leur activité est en croissance.

Dans son nouveau rapport, sur les critères d'autorisation, la HAS estime qu'il reste "indispensable" de pouvoir disposer des deux activités dans le même bâtiment car "bien que rares, les complications majeures menant à une conversion chirurgicale demeurent".

Alors que les indications du Tavi s'élargissent, vers des patients de gravité moindre, "il serait inacceptable de présenter cette technique comme étant une procédure sans risque et de ne pas pouvoir, le cas échéant, prendre en charge une complication engageant le pronostic vital et nécessitant un geste chirurgical".

La HAS estime que le maillage territorial actuel "permet un accès rapide" à un centre réalisant ce type d'intervention, "dans des délais acceptables". "Ainsi, au regard de l’absence de besoin actuel identifié, il ne paraît pas indispensable de mener une expérimentation de la pose de Tavi dans des centres ne disposant pas de la chirurgie cardiaque dans le même bâtiment."

Elle considère également qu'il est important de "conserver dans chaque centre des niveaux d’expertise élevés" à la fois en chirurgie et traitement interventionnel des valvulopathies aortiques.

L'instance d'évaluation réaffirme qu'"au regard des données de la littérature et de la position des parties prenantes", il est "raisonnable" de conserver les seuils actuels d’au moins 100 Tavi par an par centre (après deux ans d’activité) et d’au moins 200 actes de chirurgie valvulaire par an.

Il est rappelé que chaque centre implanteur doit disposer d’une "heart team" associant un cardiologue clinicien, un cardiologue interventionnel, un chirurgien cardiaque et un anesthésiste-réanimateur spécialisé en chirurgie cardiaque, et que les cas candidats potentiels à un Tavi doivent être discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire.

De plus, l’intervention peut avoir lieu dans une salle hybride pour un abord chirurgical et en salle de cathétérisme cardiaque pour un abord artériel transcutané, dès lors que la salle de cathétérisme est conditionnée comme un bloc opératoire de chirurgie cardio-vasculaire.

La HAS constate qu'en 2019, l'activité de Tavi a été "quasiment aussi importante que le remplacement valvulaire aortique chirurgical". Et cela va encore augmenter avec l’ouverture des indications aux patients à plus faible risque. Mais "même avec 10 ans de recul, les Tavi nécessitent d’être suivis de près. L’inconnue majeure reste la durabilité des implants […] Il est donc crucial de pouvoir continuer le recueil national des données au travers du registre France-Tavi".

Une nouvelle réévaluation des critères d’encadrement des centres sera menée par la HAS "à l’horizon 2024".

Source : APMnews

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