Une étude suédoise enterre le dépistage organisé de l’anévrisme de l'aorte abdominale

Publié le jeudi 5 juillet 2018
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LONDRES, 20 juin 2018 (APMnews) - La stratégie de dépistage organisé de l’anévrisme de l'aorte abdominale (AAA) adoptée en Suède, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis est dépassée, selon une étude suédoise parue dans le Lancet.

Dans ces pays, le dépistage de l’AAA est proposé aux hommes de 65 ans et plus. La France, au contraire, a adopté en 2013 un dépistage ciblé, opportuniste et unique, auprès des hommes fumeurs ou anciens fumeurs entre 65 et 75 ans ou ayant des antécédents familiaux d’AAA et âgés de 50 à 75 ans.

Le Dr Minna Johansson de l’université de Göteborg et ses collègues ont suivi pendant six ans 25.265 hommes d’au moins 65 ans qui se sont fait dépister entre 2006 et 2009 et les ont comparés à 106.087 hommes appariés non dépistés.

Entre 2000 et 2015, la mortalité par AAA a diminué de 70% (de 36 à 10 décès pour 100.0000 hommes de 65 à 74 ans) avec des taux semblables dans les groupes dépistés ou non. C'est sans doute lié à la baisse du tabagisme, analysent les auteurs.

Le dépistage n’a permis d’éviter que deux décès pour 10.000 hommes dépistés six ans après le dépistage. La mortalité n’est ainsi pas significativement différente entre les groupes.

A l’inverse, le dépistage a eu un coût économique et humain. Six ans après le dépistage, les auteurs estiment en effet que sur 10.000 hommes dépistés, 49 ont été diagnostiqués à tort. Ce surdiagnostic a entraîné des traitements chirurgicaux non nécessaires chez 19 d’entre eux.

Les auteurs soulignent en outre que de nombreux cas d’AAA ont été diagnostiqués hors du cadre du programme de dépistage, de manière opportuniste.

La balance bénéfice/risque ne justifie donc plus la stratégie employée, estiment-ils.

Ils reconnaissent que le dépistage de l’AAA permet parfois de diagnostiquer d’autres types d’anévrysme dont ils n’ont pas évalué les bénéfices et les risques et admettent aussi que le faible suivi (six ans) peut avoir "gonflé" les inconvénients du dépistage de l’AAA sans permettre d’en mesurer tous les avantages… Mais ils estiment que ces limites ne remettent pas en cause le fait qu’un dépistage non ciblé est aujourd’hui une stratégie dépassée.
(Lancet, édition en ligne du 14 juin 2018)

 

Source : APM International

Mots clés: Prévention Prévention , Vasculaire Vasculaire

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