Un infarctus sur 5 survenant chez les coronariens stables est lié à une thrombose de stent très tardive

Publié le mardi 30 mai 2017

WASHINGTON, 24 mai 2017 (APMnews) - Un infarctus sur 5 survenant chez les patients présentant une maladie coronaire stable est lié à une thrombose de stent très tardive, selon une étude de cohorte française qui pourrait avoir des implications en termes de prévention, publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).Gilles Lemesle du CHU de Lille et de l'Inserm et ses collègues ont suivi la cohorte CORONOR dans le Nord-Pas-de-Calais, qui incluait 4.094 coronariens stables, dont 68,8% avaient eu dans le passé une intervention percutanée avec pose de stent, et 20% un pontage coronaire. Le suivi médian est de 4,9 ans. Ils se sont intéressés au risque d'infarctus durant le suivi de ces patients.

Le risque d'infarctus était de 0,8% par an, dont 1/3 était des infarctus avec élévation du segment ST.

Les infarctus étaient associés à un doublement du risque de décès.

Les chercheurs ont constaté que 20% des infarctus survenant chez ces coronariens stables étaient liés à une thrombose de stent très tardive. Et quand il s'agissait d'une thrombose de stent, l'infarctus était plus fréquemment ST+ (59%) et la mortalité était 4 fois plus élevée que pour les infarctus non liés à un stent.

Analysant les thromboses de stent très tardives, ils ont constaté que celles-ci survenaient en médiane 5,2 ans après l'implantation du stent. Cela allait de 1 à 17 ans après et le risque de cette complication était stable dans le temps.

Il s'agissait d'un stent actif de première génération dans 51,9% des cas, d'un stent actif de seconde génération dans 11,1% (les patients ont été inclus en 2010-2011, note-t-on), mais aussi d'un stent nu dans 37%.

Plus de la moitié des patients ayant eu une thrombose de stent très tardive (51,9%) prenaient un seul anti-agrégant plaquettaire au moment de la thrombose. Ils étaient 25,9% à prendre une bithérapie anti-agrégante, 11,1% à prendre un anti-agrégant et un anticoagulant, 3,7% un anticoagulant seul et 7,4% aucun antithrombotique.

Commentant ces résultats, les chercheurs lillois notent que le risque d'infarctus était globalement faible. C'était lié notamment au fait que la grande majorité des patients avaient eu dans le passé une revascularisation et qu'ils étaient nombreux à prendre un traitement de prévention secondaire et avaient un assez bon contrôle des facteurs de risque.

Afin de diminuer le risque de thrombose de stent très tardive, ils suggèrent l'intérêt d'une prolongation de la bithérapie anti-agrégante chez les patients ayant un risque élevé (maladie pluritronculaire, diabète, tabagisme...).

Ils soulignent le fait que dans cette cohorte de patients tout-venant, le risque de thrombose de stent perdurait à très long terme sans diminuer, et concernait aussi des stents nus. "Des études sont nécessaires pour développer des moyens de prévenir" cette complication.

 

(JACC, vol.69, n°17, p2149-2156)

Source : APM International

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