Traitement hypolipémiant : l'adhésion plus importante que l'intensité ou le taux de LDL atteint

Publié le mercredi 3 août 2022
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WASHINGTON, 29 juillet 2022 (APMnews) - L'adhésion au traitement hypolipémiant est plus importante que l'intensité du traitement ou le taux de LDL-cholestérol atteint sous traitement, pour la réduction du risque cardiovasculaire, chez les patients ayant eu un infarctus ou une revascularisation coronaire, selon une étude publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

L'efficacité du traitement hypolipémiant est affectée par son intensité et par l'adhésion du patient au traitement. Les précédentes études sur l'association entre adhésion, intensité et évolution clinique comportaient de nombreuses limites, notamment des indications hétérogènes, un manque d'information sur les niveaux de LDL-cholestérol et l'évaluation de périodes d'adhésion fixes, essentiellement la première année de traitement, selon Faizan Mazhar du Karolinska Institutet à Stockholm et ses collègues.

Ils ont mené de leur côté une étude observationnelle, chez tous les patients de la région de Stockholm sortis d'hospitalisation pour un infarctus ou une revascularisation coronaire et initiant un traitement par statine et/ou ézétimibe entre janvier 2012 et décembre 2018, avec une mesure à la fois de l'adhésion et de l'intensité du traitement, l'adhésion étant évaluée à chaque délivrance de traitement hypolipémiant.

L'étude a inclus 20.490 patients suivis en moyenne 2,6 ans.

Chaque augmentation de 10% sur 1 an de l'adhésion (définie par la proportion de jours couverts par le traitement dans l'année précédente), de l'intensité, ou de l'intensité ajustée en fonction de l'adhésion était associée à une réduction du risque d'événements cardiovasculaires majeurs (MACE): le risque était réduit de 6% pour chaque augmentation de 10% de l'adhésion, de 8% pour chaque augmentation de 10% de l'intensité, de 9% pour chaque augmentation de 10% de l'intensité ajustée en fonction de l'adhésion.

Les patients ayant une mauvaise adhésion au traitement (moins de 80% de jours couverts par le traitement dans l'année écoulée) et recevant un traitement hypolipémiant d'intensité faible à modérée avaient un risque de MACE plus élevé de 32% et un risque de mortalité augmenté de 55% par rapport aux patients avec une bonne adhésion (au moins 80% de jours couverts par le traitement) et recevant un traitement de haute intensité.

De même, chez les patients faiblement adhérents recevant un traitement de haute intensité, le risque de MACE était plus élevé de 16% que chez ceux qui adhéraient au traitement de haute intensité également.

La probabilité d'atteindre l'objectif de LDL-cholestérol était quant à elle augmentée de 12% pour chaque augmentation de 10% de l'adhésion, de 42% pour chaque augmentation de 10% de l'intensité et de 16% pour chaque augmentation de 10% de l'intensité ajustée en fonction de l'adhésion.

Chez les patients ayant une bonne adhésion au traitement, le risque de MACE était similaire avec un traitement d'intensité faible à modérée et avec un traitement de haute intensité, et ce malgré des différences dans l'atteinte de l'objectif thérapeutique en termes de taux de LDL-cholestérol en fonction de l'intensité du traitement.

En outre, une interruption du traitement pendant 1 an ou plus augmentait le risque cardiovasculaire de 66%.

"En pratique de routine, une bonne adhésion au traitement hypolipémiant est associée au bénéfice le plus important pour les patients ayant une maladie coronaire. Des stratégies améliorant l'adhésion et l'utilisation de traitements intensifs pourraient réduire de façon importante le risque cardiovasculaire", concluent les auteurs.

(JAHA, publication du 5 juillet)

Source: APMnews

Mots clés: Coronaire Coronaire , Médicament Médicament , Recherche Recherche

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