Syndrome pédiatrique de type Kawasaki lié au Covid-19 : l'ajout de corticoïdes aux IgIV bénéfique

Publié le mercredi 10 février 2021
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PARIS, WASHINGTON, 2 février 2021 (APMnews) - L'ajout de corticoïdes au traitement de base par immunoglobulines intraveineuses (IgIV) du syndrome inflammatoire multi-systémique lié au Covid-19 chez l'enfant améliore l'évolution des patients, selon une étude française publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) lundi.

Cette nouvelle forme sévère pédiatrique du Covid-19, ressemblant à la maladie de Kawasaki, a été observée au printemps 2020, par des équipes françaises, anglaises et italiennes. Elle a été traitée de manière empirique, sur la base du traitement de la maladie de Kawasaki, basé sur les IgIV seules ou associées aux corticoïdes. Mais le traitement optimal n'est pas déterminé. Une consensus britannique a recommandé un traitement initial par IgIV seules, rappellent les auteurs.

Entre avril 2019 et janvier 2021, plus de 350 enfants en France ont été touchés par ce syndrome, indique l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) dans un communiqué lundi.

Naïm Ouldali de l'hôpital Robert-Debré (Paris, AP-HP) et ses collègues ont comparé les IgIV seules aux IgIV associées aux corticoïdes dans le syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS en anglais). Leur étude de cohorte rétrospective a inclus 111 enfants répondant à la définition du PIMS de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le critère principal d'évaluation était la persistance d'une fièvre 2 jours après l'initiation du traitement de 1re ligne, ou la recrudescence de la fièvre dans les 7 jours, définissant l'échec du traitement. Au total, 34 enfants ont reçu les IgIV associées à la méthylprednisolone et 72 ont reçu les IgIV seules, tandis que 5 enfants n'ont reçu aucun traitement anti-inflammatoire.

Dans le groupe IgIV + méthylprednisolone, 9% des patients n'ont pas répondu au traitement, contre 51% dans le groupe IgIV seules. La probabilité d'échec du traitement était significativement réduite de 75% avec l'ajout du corticoïde.

En outre, l'ajout de corticoïde était associé à une diminution significative du risque de recours à un traitement de 2e ligne (-81%), d'assistance hémodynamique (-79%), de dysfonction ventriculaire gauche aiguë après le traitement initial (-80%) et à une baisse de la durée de séjour en réanimation pédiatrique (4 jours contre 6 jours en médiane).

Les auteurs notent plusieurs limites à leur étude liées à son caractère observationnel, notamment un possible biais résiduel d'indication, même si un score de propension et une pondération inverse de la probabilité de recevoir le traitement ont été utilisés dans l'analyse afin de limiter ce type de biais.

"Ces données devraient conduire à un changement de la prise en charge des enfants atteints de cette maladie", selon l'AP-HP.

Source: APMnews

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