Syndrome coronaire aigu : la mortalité extrahospitalière reste majoritaire en France

Publié le mercredi 14 décembre 2022
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SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 13 décembre 2022 (APMnews) - En France, la mortalité par syndrome coronaire aigu (SCA) a globalement diminué entre 2004 et 2018, mais la mortalité extrahospitalière reste majoritaire, selon les données issues des trois registres français de cardiopathies ischémiques, publiées mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Les études conduites sur la période 1990-2000 montraient une diminution plus marquée de la mortalité coronaire à l'hôpital qu'en dehors.

Katia Biasch de l'université de Strasbourg et ses collègues ont souhaité caractériser l'évolution de la mortalité par syndrome coronaire aigu en France. Ils se sont appuyés sur les données relatives aux trois registres français des cardiopathies ischémiques MONICA de Lille, Toulouse et Strasbourg, qui couvraient environ 1,7 million de personnes de 35-74 ans en 2018. Ils ont analysé tous les décès survenus entre 2004 et 2018 répertoriés dans ces trois registres.

Tous registres confondus, la baisse de la mortalité était similaire en extrahospitalier et en intrahospitalier. La diminution annuelle était de 3,4% pour les décès extrahospitaliers et 3,9% pour les hospitaliers.

Ceci s’explique probablement par la combinaison d’une baisse de l’incidence globale des évènements coronaires aigus et d’une baisse de la létalité. Les campagnes de prévention sur la reconnaissance des symptômes de l’infarctus pourraient avoir permis de sensibiliser la population et accéléré le recours aux soins d’urgence, estiment les auteurs.

Au cours de cette période, sur 17.487 décès, 70% sont survenus à l'extérieur de l'hôpital et près de 90% des décès extrahospitaliers à domicile. En présence d’un témoin, l’usage d’un défibrillateur est essentiel, mais la majorité des décès étant survenus au domicile, c'est la capacité des témoins à réaliser les gestes de premiers secours qui est "primordiale", notent les auteurs.

La contribution de la mortalité extrahospitalière a progressé entre 2004 et 2010, de 68,9% à 72,0%, puis s’est stabilisée autour de 70%.

Parmi les décès intrahospitaliers, près de 70% se produisaient dans des services de réanimation, de soins intensifs cardiologiques ou en cardiologie. En intrahospitalier, les taux de mortalité diminuent de façon significativement moins marquée dans les services de réanimation, Usic et cardiologie. Les données de l'étude suggèrent que les patients, au lieu de décéder dans des services non adaptés, sont désormais pris en charge dans les unités permettant de délivrer les soins appropriés.

Les auteurs précisent que dans ces registres, les services de psychiatrie et soins de suite et réadaptation (SSR) sont considérés comme des décès extrahospitaliers, en raison de la capacité "limitée" à y prendre en charge des pathologies somatiques, avec un recours fréquent au Samu. Par ailleurs, parmi les 612 personnes décédées en psychiatrie/SSR/long séjour/maisons de retraite/foyers, plus des deux tiers sont décédées sans soins médicaux (patients retrouvés morts) ou décédés très rapidement après l’intervention d’une aide médicale.

L'importante part de décès au domicile documente la "nécessité de développer davantage la promotion des gestes de premiers secours dans la population", concluent les auteurs.

(BEH du 13 décembre 2022)

Source: APMnews

Mots clés: Cardiomyopathies Cardiomyopathies

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