Syndrome coronaire aigu et stent : le changement d'anti-agrégant après un mois inadapté aux diabétiques

Mis à jour le mardi 23 janvier 2018
dans

La nouvelle stratégie de traitement anti-agrégant après la pose d'un stent chez les patients souffrant de syndrome coronaire aigu (SCA), consistant à revenir au clopidogrel après un mois d'un anti-P2Y12 plus récent, n'est pas adaptée aux patients diabétiques, selon une analyse de l'étude française TOPIC présentée jeudi aux Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESFC).

Dans TOPIC, chez 646 patients, prendre un anti-P2Y12 récent (prasugrel [Efient*, Lilly/Daiichi Sankyo] ou ticagrélor [Brilique*, AstraZeneca]) durant un mois puis switcher vers le clopidogrel (toujours avec l'aspirine) a permis de diminuer de 52% le risque de décès, revascularisation en urgence, accident vasculaire cérébral (AVC) ou saignement, par rapport au maintien de l'anti-P2Y12 récent.

C'était lié à une diminution de 70% des saignements, sans différence sur le risque d'événement ischémique.

P. Deharo de l'hôpital de La Timone à Marseille (AP-HM) et ses collègues ont analysé les résultats de leur étude en fonction de la présence ou non d'un diabète chez les patients. Il y avait 177 diabétiques dans l'étude.

Alors que chez les patients non diabétiques, le switch était associé à une diminution de 63% du critère composite (10,1% d'événements contre 26,5% en absence de switch), chez les diabétiques il n'y avait pas de différence statistiquement significative (22,6% d'événement en cas de switch et 25,8% en absence de switch).

C'était lié au fait que chez les patients diabétiques, revenir au clopidogrel permettait certes de diminuer de 63% le risque de saignement significatif, mais était associé à une augmentation de 52% du risque de récidive ischémique, ont constaté les chercheurs.

Le changement de traitement anti-agrégant ne devrait donc être envisagé que chez les patients non diabétiques.

 

Source : APM International

Dépêche précédente

Fibrillation atriale : l'anticoagulation orale pré-opératoire ne semble pas augmenter la mortalité

Dépêche suivante

Cardiopathies congénitales : le risque de cancer augmenté par la multiplication des examens d'imagerie

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire