Surrisque d'insuffisance cardiaque chez les patients souffrant de stéatose hépatique non alcoolique (méta-analyse)

Publié le jeudi 28 juillet 2022
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LONDRES, 25 juillet 2022 - Les patients souffrant d'une stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) présenteraient un surrisque de 50 % de développer une insuffisance cardiaque, selon une méta-analyse portant sur plus de 11 millions de patients publiée lundi dans la revue Gut.

La stéatose hépatique non alcoolique (ou NAFLD) est la maladie du foie la plus répandue dans le monde, avec plus de 30 % des personnes adultes concernées. Elle serait par ailleurs présente chez trois diabétiques sur quatre, comme concluait en mars 2022 une étude française, rappelle-t-on.

Cette nouvelle étude, menée par Alessandro Mantovani de l'université de Vérone (Italie), est une méta-analyse de 11 études internationales publiées entre juin 2010 et mars 2022.

Les patients, à majorité d'origine asiatique - 10 millions issues de trois études sud-coréennes - et de sexe féminin pour la moitié d'entre eux, avaient 55 ans en moyenne. Elles présentaient un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 26,4 kg/m2, ce qui correspond à un surpoids.

Un quart des personnes étudiées (2,9 millions) présentaient une stéatose hépatique non alcoolique au début des études, avant d'être suivies sur une période moyenne de 10 ans.

Près de 98 000 personnes ont fini par être diagnostiquées d'une insuffisance cardiaque.

La méta-analyse évalue un surrisque significatif de 50 % de développer une insuffisance cardiaque chez les patients souffrant de NAFLD. L'analyse des résultats montre que ce surrisque serait indépendant, entre autres, de l'âge, du sexe, de l'IMC, de la pré-existence d'un diabète ou d'autres facteurs de risque cardiovasculaire.

Le risque cardiovasculaire semble en revanche augmenter avec la sévérité de la NAFLD, avec un surrisque de 76 % en cas de fibrose hépatique avancée, mais ce résultat ne repose que sur deux études parmi les 11 sélectionnées dans la méta-analyse.

À l'inverse, les auteurs notent que les patients souffrant à la fois de NAFLD et de diabète de type 2 auraient un risque d'insuffisance cardiaque inférieur à celui des patients non-diabétiques. Cela pourrait être dû au fait que, le diabète étant un facteur important de risque d'insuffisance cardiaque, la NAFLD jouerait un rôle moindre, ou bien que les patients diabétiques seraient plus souvent traités en prévention contre les maladies cardiovasculaires, expliquent les auteurs.

Enfin, les auteurs expliquent que la NAFLD "aggrave la résistance à l'insuline, favorise l'apparition de dyslipidémies athérogènes et la libération de plusieurs substances chimiques inflammatoires et thrombogènes", des éléments qui pourraient expliquer en partie le surrisque cardiovasculaire observé.

(Gut, publication du 25 juillet 2022)

 

Source: APMnews

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