Risque élevé de thrombo-embolie veineuse chez les insuffisants cardiaques

Publié le jeudi 30 janvier 2020
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APM news

WASHINGTON, 30 janvier 2020 (APMnews) - L'insuffisance cardiaque est associée à un risque accru d'évènements thrombo-emboliques veineux, et ce risque persiste à long terme, que la fraction d'éjection soit réduite ou préservée, selon une étude parue dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

L'insuffisance cardiaque est caractérisée par un statut prothrombotique, qui augmente non seulement le risque d'évènements ischémiques, cardiaques et cérébraux, mais aussi le risque de thrombose veineuse profonde et d'embolie pulmonaire, rappellent Christina Fanola de l'University of Minnesota Medical Center à Minneapolis et ses collègues.

Si l'hospitalisation pour insuffisance cardiaque entraîne un risque accru de thrombo-embolie veineuse à court terme, le risque à long terme était moins connu.

Dans la cohorte ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities), le risque de thrombo-embolie veineuse associé aux différents types d'insuffisance cardiaque ou à des mesures échographiques anormales en l'absence d'insuffisance cardiaque clinique ont été évalués.

La cohorte comportait 15.792 patients âgés de 45 à 64 ans. Durant un suivi moyen de 22 ans, ils ont été reçus à l'occasion de six consultations et ont été contactés par téléphone une à deux fois par an.

L'insuffisance cardiaque et les paramètres échographiques ont été examinés en relation avec l'apparition de thrombo-embolie veineuse, selon trois modèles: le premier a étudié l'association entre l'insuffisance cardiaque et la thrombo-embolie veineuse sur l'ensemble de l'étude; le second s'est intéressé aux deux phénotypes de l'insuffisance cardiaque séparément; le dernier a analysé l'association entre les paramètres échographiques relevés lors de la cinquième consultation (après plus de 20 ans de suivi) et la thrombo-embolie veineuse.

Dans le premier modèle, 13.728 patients ont été suivis pendant 22 ans en moyenne; 19,6% d'entre eux ont développé une insuffisance cardiaque et 729 évènements thrombo-emboliques ont été identifiés.

L'insuffisance cardiaque a été associée à un risque trois fois plus élevé d'évènement thrombo-embolique. Le taux d'incidence s'élevait à 11,8 pour 1.000 personnes-années, comparé à 2,3/1.000 personnes-années pour les personnes n'ayant pas développé d'insuffisance cardiaque.

Il existait un fort impact en fonction de l'origine ethnique: le risque thrombo-embolique en présence d'insuffisance cardiaque était augmenté d'un facteur 4,4 chez les Afro-Américains et d'un facteur 2,4 chez les Blancs.

Même risque dans les deux formes d'insuffisance cardiaque

Dans le second modèle, parmi 7.588 sujets suivis pendant 9,7 ans en moyenne, une insuffisance cardiaque est apparue chez 15,3% des patients. Parmi elles, 27,7% avaient une fraction d'éjection préservée, 27,4% une fraction d'éjection diminuée et pour 45% d'entre eux, le type d'insuffisance cardiaque n'était pas déterminé.

Le risque de thrombo-embolie veineuse était similaire pour l'insuffisance cardiaque avec fraction d'éjection préservée (risque multiplié par 4,7) et l'insuffisance cardiaque avec fraction d'éjection diminuée (risque multiplié par 5,5).

Dans ce modèle, il n'y avait pas de différence selon l'origine ethnique.

Les anomalies échographiques sont des indicateurs

Enfin, dans le dernier modèle, 5.438 patients sans insuffisance cardiaque ont été suivis pendant 3,5 ans en moyenne. Les patients qui ont présenté un évènement thrombo-embolique avaient une épaisseur moyenne de la paroi ventriculaire gauche plus importante (1,03 cm contre 0,98 cm). L'épaisseur de la paroi ventriculaire gauche constituait une indicateur indépendant de thrombo-embolie veineuse.

Dans cette étude de population prospective, l'insuffisance cardiaque (avec fraction d'éjection préservée ou diminuée), de même que les indicateurs échographiques du remodelage ventriculaire gauche, ont été associés à un risque "très augmenté" de thrombo-embolie veineuse, et qui persistait dans le suivi à long terme, notent les auteurs.

Ils ajoutent que des stratégies à long terme pour la prévention de la thrombo-embolie veineuse chez des patients avec insuffisance cardiaque sont nécessaires après leur hospitalisation.

Source: APMnews

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