Risque cardiovasculaire et hémorragique élevé avec les AINS après un infarctus

Publié le mercredi 19 août 2020
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APM news

WASHINGTON, 13 août 2020 (APMnews) - La prise d'anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) par les patients ayant eu un infarctus du myocarde est associée à une multiplication par 7 du risque d'événement cardiovasculaire et par 4 du risque hémorragique, montre une étude coréenne de très grande taille publiée par le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

La question des AINS et du risque cardiovasculaire est débattue depuis de nombreuses années, notamment depuis les études montrant un surrisque avec des AINS anti-COX-2 et les multiples analyses rétrospectives publiées ensuite montrant aussi un risque avec les AINS classiques.

Mais malgré cela, et bien qu'il y ait des recommandations déconseillant leur utilisation, les patients cardiaques prennent souvent des AINS quand ils ont besoin d'un traitement anti-inflammatoire ou analgésique de longue durée.

Dong Oh Kang de l'université de Séoul et ses collègues ont voulu préciser les risques associés à ces traitements dans ce contexte de haut risque cardiovasculaire.

Ils ont étudié 108.232 patients ayant eu un infarctus, dont 1,9% ont reçu un AINS durant au moins 4 semaines durant les 2,3 ans de suivi.

La prise d'AINS a été associée à un risque multiplié par 7 d'événement cardiovasculaire (récidive d'infarctus, accident vasculaire cérébral ischémique, accident ischémique transitoire, embolie artérielle systémique).

Ce risque était de 10,5 événements pour 100 personnes-années en l'absence d'AINS et montait à 118 événements pour 100 personnes-années avec la prise d'AINS.

Le risque de saignement cliniquement important (saignement digestif, intracrânien, respiratoire, urinaire, et anémie post-hémorragique) était multiplié par 4,1.

Une analyse médicament par médicament suggère que les AINS ayant une plus grande spécificité pour la cyclo-oxygénase-2 (Cox-2) ont un risque -un peu- moins élevé. Le célécoxib ne multipliait le risque d'événement cardiovasculaire "que" par 4,6. Le méloxicam multipliait le risque cardiovasculaire par 3 et le risque hémorragique par 2,8.

Ainsi, si un AINS doit nécessairement être donné à un patient ayant eu un infarctus du myocarde, le célécoxib ou le méloxicam devraient être donnés préférentiellement, concluent les chercheurs coréens.

(JACC, vol.76, n°5, p518-529)

Source : APMnews

 

 

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