Remplacement de valve aortique percutané : les pratiques anesthésiques à la loupe

Publié le jeudi 5 mars 2020
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APM news

PARIS, 4 mars 2020 (APMnews) - L'anesthésie locale associée à une sédation est la technique anesthésique la plus utilisée en France pour les remplacements de valve aortique percutanés (TAVR), selon une enquête publiée dans Anaesthesia Critical Care & Pain Medicine, dont les auteurs appellent à proposer une organisation spécifique en termes de prise en charge anesthésique.

Le TAVR est de plus en plus utilisé, ciblant désormais des patients à risque chirurgical intermédiaire, en plus des patients à haut risque initialement éligibles. Les recommandations sur le recours au TAVR portent essentiellement sur l'organisation des centres et les critères d'éligibilité des patients. Il n'existe en revanche pas de recommandations formelles concernant la prise en charge anesthésique de ces procédures, qui semblent varier d'un centre à l'autre, soulignent Emmanuel Rineau du CHU d'Angers et ses collègues.

Ils ont donc réalisé une enquête anonyme par e-mail auprès des anesthésistes seniors français exerçant dans une unité pratiquant les TAVR ou une unité de chirurgie cardiaque, entre février et mars 2019. Sur 439 praticiens contactés, 124 (28%) ont répondu, dans 44 centres sur les 53 concernés.

Le type d'anesthésie utilisé préférentiellement, par 59% des répondants, était l'anesthésie locale associée à une sédation. L'anesthésie générale n'était utilisée que par 6% des praticiens ayant répondu, et l'anesthésie régionale par 33%.

L'agent le plus utilisé pour la sédation était le rémifentanil (65%), seul pour 40%. Le propofol seul était utilisé par 9% des praticiens, tandis que 16% utilisaient rémifentanil et propofol combinés et 7% rémifentanil + midazolam.

Neuf pour cent utilisaient l'hypnose, dont 6% en association à une sédation intraveineuse.

L'analgésie postopératoire était réalisée avec du paracétamol pour 96% des répondants. En outre, 26% utilisaient du tramadol, 21% du néfopam et 21% de la morphine.

Sur les aspects organisationnels, un anesthésiste et un infirmier anesthésiste étaient systématiquement présents lors des procédures pour 60% des répondants, tandis que pour 23% la présence de l'anesthésiste n'était pas systématique.

Un transfert des patients en salle de réveil immédiatement après l'intervention est rapporté par 62% des répondants, et une admission en unité de soins continus après la procédure par 90%.

Parmi les praticiens ayant répondu, 58% n'étaient pas favorables à ce que les TAVR soient réalisés en l'absence d'un anesthésiste, mettant en avant le risque de complications graves (tamponnade, rupture de l'anneau aortique, lésions vasculaires, migration de la prothèse) nécessitant la présence immédiate d'un anesthésiste dans la salle d'intervention.

"L'augmentation actuelle de l'activité de TAVR pourrait inciter à proposer une organisation spécifique, étant donné que le nombre d'anesthésistes reste stable", commentent les auteurs.

L'anesthésie locale avec sédation semble avoir la préférence des anesthésistes pour le TAVR, mais la plupart d'entre eux souhaitent la présence systématique d'un anesthésiste pendant cette procédure, indiquée chez des patients à risque de complications graves potentielles. "Dans ce contexte, des recommandations professionnelles interdisciplinaires seraient nécessaires pour sécuriser de façon optimale cette procédure", suggèrent les auteurs.

Source: APMnews

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