Prévention thrombo-embolique après chirurgie oncologique : l'apixaban aussi sûr que l'énoxaparine mais préféré par les patientes

Publié le jeudi 9 juillet 2020
APM news

WASHINGTON, 2 juillet 2020 (APMnews) - L'anticoagulant oral direct (AOD) apixaban (Eliquis*, Bristol-Myers Squibb/Pfizer) s'est avéré aussi efficace que l'énoxaparine en sous-cutané pour prévenir les évènements thrombo-emboliques veineux après une chirurgie pour un cancer gynécologique, les patientes estimant cette alternative moins douloureuse et plus facile à prendre, selon une étude américaine publiée vendredi dans JAMA Network Open.

Les évènements thrombo-emboliques veineux restent l'une des complications les plus graves chez les femmes opérées d'un cancer gynécologique. Pour limiter ce risque, les recommandations préconisent un traitement prophylactique par l'héparine de bas poids moléculaire (HBPM) énoxaparine en sous-cutané pendant 28 jours après la chirurgie.

Selon Saketh Guntupalli de l'University of Colorado School of Medicine à Denver et ses collègues, le coût élevé de l'énoxaparine ainsi qu'un taux d'observance relativement faible rapporté dans plusieurs études permettent de supposer qu'un traitement coût-efficace et plus facile à prendre permettrait d'améliorer la thromboprophylaxie.

Ils ont choisi l'apixaban (Eliquis*, Bristol-Myers Squibb/Pfizer), qui a déjà fait ses preuves en chirurgie orthopédique. Dans un essai clinique randomisé, multicentrique, mené en ouvert, ils ont étudié la sécurité et l'efficacité de cette molécule en postopératoire chez des patientes opérées d'un cancer gynécologique.

Au total, 400 femmes âgées en moyenne de 58 ans ont été incluses dans l'étude. Elles ont été randomisées pour recevoir pendant 28 jours soit l'apixaban à la dose de 2,5 mg deux fois par jour, soit de l'énoxaparine en sous-cutané à la dose de 40 mg par jour.

Sur une période de 90 jours, les auteurs ont évalué les taux d'hémorragies majeures (hémorragies fatales et/ou saignements symptomatiques dans une zone critique ou dans un organe ou nécessitant une transfusion sanguine) et de saignements non majeurs mais cliniquement significatifs (c'est-à-dire nécessitant une intervention médicale, un contact non programmé avec un médecin ou entrainant un arrêt temporaire du traitement ou un inconfort).

Aucune différence significative entre les 2 groupes n'a été relevée concernant les saignements majeurs (0,5% dans les 2 groupes). On observe une baisse, mais non significative, sur les évènements non majeurs mais cliniquement significatifs (hématomes, ecchymoses, épistaxis, saignements vaginaux; 5,4% dans le groupe apixaban contre 9,7% dans le groupe énoxaparine).

Il n'y avait pas non plus de différence significative en termes d'efficacité, sur les évènements thrombo-emboliques veineux (1% et 1,5% respectivement).

Les effets indésirables (hospitalisation dans les 28 jours, infections, hématomes, réactions allergiques, ecchymoses, arthralgies, rash, épistaxis, céphalées) ainsi que la qualité de vie étaient également similaires dans les deux groupes. Seuls les vertiges étaient significativement plus souvent rapportés par les patients sous apixaban (4,9%), en comparaison des patients traités par énoxaparine (0,5%).

L'observance était aussi équivalente dans les 2 groupes puisque 84,8% des patients sous apixaban et 83,7% des patientes sous énoxaparine ont manqué moins de 2 jours de traitement. Les auteurs soulignent toutefois que le taux d'observance de l'énoxaparine est beaucoup plus élevé chez ces patientes en comparaison d'autres études observationnelles menées en chirurgie orthopédique, dans lesquelles un taux d'observance aux alentours de 60% avait été relevé.

La seule différence entre les 2 traitements concernait la satisfaction des patients qui était significativement meilleure dans le groupe apixaban: 98,9% estimaient le médicament facile à prendre (contre 58,8% dans le groupe énoxaparine) et 2,1% le jugeaient douloureux (contre 49,2% pour le groupe énoxaparine).

Les auteurs concluent qu'étant donné la létalité associée aux évènements thrombo-emboliques suite à une chirurgie d'un cancer gynécologique, une prophylaxie efficace et pratique est essentielle pour réduire ce type d'évènements et que le traitement par apixaban peut être considéré comme une option intéressante pour ces patientes.

(JAMA Network Open, publication en ligne du 26 juin)

Source: APMnews

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