Polyarthrite rhumatoïde débutante : des anomalies cardiovasculaires sont améliorées par le traitement de fond

Publié le jeudi 24 septembre 2020
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LONDRES, 24 septembre 2020 (APMnews) - Des anomalies cardiovasculaires sont présentes au départ chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde débutante, mais sont améliorées avec l'initiation d'un traitement de fond avec ou sans biothérapie, suivant dans ce dernier cas une stratégie treat-to-target, selon une étude britannique publiée dans les Annals of the Rheumatic Diseases.

Une baisse des évènements cardiovasculaires a été observée en lien avec la prise en charge contemporaine de la polyarthrite rhumatoïde (PR), et des études d'imagerie ont montré des anomalies cardiovasculaires, essentiellement dans la PR établie, rappellent Sven Plein de l'université de Leeds (Royaume-Uni) et ses collègues.

Ils ont cherché à vérifier si des anomalies cardiovasculaires existaient dans la PR débutante, et si un traitement de fond (DMARD en anglais) avait un effet sur ces anomalies en distinguant traitement de première ligne associant étanercept et méthotrexate, et méthotrexate seul avec une stratégie d'ajout de l'étanercept à 6 mois si besoin.

Leur analyse a porté sur 81 patients participant à un essai de phase IV dans la PR débutante, randomisés entre étanercept + méthotrexate et méthotrexate seul initialement dans une stratégie treat-to-target. Ils ne présentaient pas de maladie cardiovasculaire et pas plus d'un facteur de risque traditionnel au départ. Un examen d'IRM cardiovasculaire a été réalisé au départ, à 1 an et à 2 ans, de même que chez 30 contrôles appariés, afin de mesurer la rigidité vasculaire, la masse ventriculaire gauche et le volume extracellulaire myocardique.

Chez les patients atteints de PR débutante, la distensibilité aortique au départ était significativement moindre que chez les contrôles (0,0030 mmHg-1 contre 0,0044 mmHg-1). La masse ventriculaire gauche était également plus faible (78,2 g contre 84,8 g) et le volume extracellulaire myocardique augmenté (27,1% contre 24,9%).

Parmi les patients, la distensibilité aortique était significativement améliorée au bout de 1 an de traitement, passant à 0,0036 mmHg-1, et maintenue à 2 ans.

Cette amélioration était similaire entre les deux bras de traitement, ainsi qu'en fonction du statut de répondeur ou non répondeur selon le critère DAS28-ESR.

"Nous rapportons la première preuve d'anomalies vasculaires et myocardiques dans une cohorte d'essai randomisé contrôlé sur la PR débutante et montrons une amélioration avec le DMARD. Le type de DMARD (anti-TNF en 1re ligne ou méthotrexate) et la réponse clinique au traitement n'ont pas affecté les marqueurs de maladie cardiovasculaire", concluent les auteurs.(Annals of the Rheumatic Diseases, publication en ligne du 28 août)

Source : APMnews

Mots clés: Facteurs de risque Facteurs de risque

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