Plus de 220.000 nouveaux patients traités chaque année par anticoagulants oraux pour une fibrillation atriale en France

Publié le jeudi 8 avril 2021
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APM news

SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 7 avril 2021 (APMnews) - Plus de 220.000 nouveaux patients atteints de fibrillation atriale sont traités par anticoagulants oraux, en prévention du risque d'accident vasculaire cérébral (AVC), chaque année en France, selon une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Ce nombre a connu une forte hausse en 2012 avec l'arrivée des anticoagulants oraux directs (AOD), et augmente progressivement depuis 2013, à raison de +1,9% par an chez les femmes et +1,4% chez les hommes.

La fibrillation atriale, dont l'un des principaux risques associés est l'AVC, est une pathologie fréquente qui augmente avec l'âge. Etant donné le vieillissement de la population, le nombre de patients devrait encore augmenter, et en conséquence le nombre d'AVC et autres complications.

La prévention de l'AVC passe par les anticoagulants oraux. Or jusqu'en 2011, les patients ne disposaient que des antivitamines K (AVK) dans cette classe thérapeutique. Une étude européenne a suggéré que moins de la moitié des patients suivaient un tel traitement, en raison du risque hémorragique associé et de la difficulté d'utilisation, rappellent les auteurs.

Il existe peu d'études sur l'incidence de la fibrillation atriale traitée par anticoagulants oraux en France. Amélie Gabet de Santé publique France et ses collègues ont recherché à partir du système national des données de santé (SNDS) les patients nouvellement traités par anticoagulants oraux pour une fibrillation atriale, entre 2010 et 2018.

En 2018, 225.747 nouvelles personnes avec une fibrillation atriale et traitées par anticoagulants oraux ont été identifiées.

Le taux standardisé sur l'âge était de 410 pour 100.000 habitants en 2018, contre 295 pour 100.000 en 2010, une augmentation importante. Un pic a été observé en 2012, année de la mise à disposition des premiers AOD en France, à 455 pour 100.000.

Une évolution annuelle moyenne positive de ce taux est observée depuis 2013 -après un décrochage par rapport à 2012, le taux étant redescendu en 2013 à un peu moins de 400 pour 100.000, note-t-on-, en particulier chez les femmes (+1,9%), les personnes âgées de 20 à 64 ans (+2,6% chez les femmes et +0,5% chez les hommes), et les plus de 85 ans (+1,2% chez les femmes et +0,8% chez les hommes).

Les auteurs ont également examiné les disparités départementales dans les nouveaux recours aux anticoagulants oraux pour fibrillation atriale.

Les taux standardisés étaient les plus élevés dans le Nord et le Pas-de-Calais, plus de 20% supérieurs à la moyenne nationale. Cela peut s'expliquer par les disparités dans la prévalence des facteurs de risque de fibrillation atriale (hypertension artérielle, obésité, diabète), ainsi que des différences de diagnostic de la fibrillation atriale et de son traitement, indiquent les auteurs.

Les départements d'outre-mer, en revanche, présentaient les taux les plus bas, plus de 20% inférieurs à la moyenne nationale en général. Ces taux très bas ne sont pas cohérents avec la prévalence des facteurs de risque, plus élevée dans ces départements, selon les auteurs. "Ainsi, ces résultats pourraient plus vraisemblablement s’expliquer par un moindre diagnostic de la fibrillation atriale et/ou une moindre initiation du traitement [anticoagulant oral] dans les DROM par rapport à la métropole".

"L’introduction des anticoagulants oraux directs en 2012 dans la prévention du risque d’AVC chez les personnes atteintes de FA a entraîné une augmentation importante du nombre de FA traitées en prévention de l’AVC en 2012", et cette utilisation a pu être étendue en particulier aux personnes âgées, plus à risque hémorragique, lequel est réduit avec les AOD par rapport aux AVK, commentent les auteurs.

Les augmentations de personnes traitées depuis 2010 peuvent aussi s'expliquer par une augmentation du diagnostic de la fibrillation atriale, au moyen d'un monitoring holter sur 24h et des dispositifs implantables, et un diagnostic plus systématique notamment chez les patients ayant fait un AVC, notent-ils.

"La prévention primaire de la fibrillation atriale par la prévention et le traitement de ses facteurs de risque, en particulier l’hypertension artérielle et l’obésité très associées au risque de développer une fibrillation atriale, est essentielle, notamment dans les départements les plus touchés", concluent-ils.

Source: APMnews

Mots clés: Médicament Médicament , Rythmologie Rythmologie

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