Plus de 10% des patients cancéreux décèdent de maladie cardiovasculaire

Publié le mardi 26 novembre 2019
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APM news

PARIS, 25 novembre 2019 (APMnews) - Plus de 10% des patients ayant un cancer décèdent de maladie cardiovasculaire, le risque variant selon la localisation du cancer, selon une grande étude épidémiologique américaine publiée dans l'European Heart Journal.

On sait que les survivants d'un cancer ont un risque cardiovasculaire augmenté, soit à cause de facteurs de risque communs liés au mode de vie, soit suite à des toxicités des traitements du cancer, mais cela n'était pas quantifié précisément. Et ce sujet devient d'autant plus important que grâce aux dépistages et aux nouveaux traitements des cancers, les chances de survie à long terme augmentent et les risques de décès de diverses causes prennent de l'importance.

Kathleen Sturgeon de Penn State University à Herschey (Pennsylvanie) et ses collègues ont utilisé les données d'un programme de surveillance pour étudier l'évolution de 3,2 millions de patients ayant eu un cancer, entre 1973 et 2012.

Globalement, 38% des patients sont décédés de leur cancer et 11,3% sont décédés de cause cardiovasculaire.

Mais les proportions varient beaucoup d'un cancer à l'autre, aussi bien pour la mortalité due au cancer que pour la mortalité cardiovasculaire.

Les cancers pour lesquels la mortalité cardiovasculaire est la plus élevée sont ceux de la vessie (19,4% des patients décèdent de cause cardiovasculaire), du larynx (17,3%), de la prostate (16,6%), de l'endomètre (15,6%). Il s'agit globalement de localisations où la mortalité par le cancer lui-même est faible.

A l'inverse, dans les cancers du poumon où plus des 3/4 des patients sont décédés du cancer, la part de la mortalité cardiovasculaire n'était que de 5,9%. Un phénomène similaire était observé pour les cancers du pancréas, du foie et de la vésicule, de l'oesophage, de l'estomac, de l'ovaire, cérébraux et les myélomes.

Globalement, plus la mortalité par le cancer diminue, plus la mortalité cardiovasculaire augmente, au point d'être devenue la première cause de décès dans les années les plus récentes pour les cancers de la prostate, de la thyroïde, des testicules et la maladie de Hodgkin.

La première année suivant le diagnostic de cancer constitue la période la plus à risque de décès cardiovasculaire. C'était particulièrement vrai pour le cancer de l'endomètre, le plus à risque durant la première année, et les auteurs suggèrent qu'un cardiologue soit impliqué dans la prise en charge précoce de ce cancer.

Pour plusieurs cancers (sein, mélanome, prostate), le risque de décès cardiovasculaire est resté durablement élevé au même niveau que la première année.

En raison de leur nombre, les cancers du sein et de la prostate fournissaient à eux seuls la moitié des décès cardiovasculaires chez des patients souffrant de cancer, notent également les auteurs.

"Nos observations mettent en évidence la nécessité d'une prise en charge cardiovasculaire plus précoce et plus agressive des patients cancéreux, qui pourrait nécessiter une coordination augmentée entre oncologues, cardiologues et médecins généralistes", concluent-ils.

Source: APMnews

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