Maladie coronaire: une activité physique importante augmente le risque de mort subite cardiaque

Publié le mardi 16 juin 2020
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APM news

WASHINGTON, 15 juin 2020 (APMnews) - Les patients coronariens symptomatiques ayant une activité physique importante, quotidienne, ont un risque accru de mort subite cardiaque par rapport aux patients ayant une activité physique régulière, selon une étude finlandaise publiée dans Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology.

Une activité physique aérobie légère à modérée est recommandée chez les coronariens, mais des études ont montré une courbe en J pour l'association entre activité physique et risque de mortalité cardiovasculaire, suggérant que trop d'activité pourrait être délétère. On ne connaît toutefois pas l'association entre l'activité physique et différents types de décès cardiaques (mort subite cardiaque ou non), soulignent Mikko Tulppo et ses collègues de l'hôpital universitaire d'Oulu (Finlande).

Ils ont étudié 1.946 patients coronariens stables, qui ont rempli au début de l'étude un questionnaire sur leur activité physique de loisir et leur profil de risque. Ils ont été répartis dans 4 groupes en fonction de leur niveau d'activité physique: inactif; irrégulièrement actif; actif avec une activité régulière 2 à 3 fois par semaine; hautement actif avec exercices réguliers 4 fois ou plus par semaine.

Il y a eu 52 morts subites cardiaques et 49 décès non classés comme mort subite cardiaque au cours d'un suivi médian de 6,3 ans.

Les patients inactifs avaient un risque significativement augmenté d'un facteur 2,45 de mort subite cardiaque par rapport aux patients de la catégorie actifs.

Une interaction significative entre le niveau d'activité physique et la sévérité de la maladie coronaire a été observée sur le risque de mort subite cardiaque. Ainsi, chez les patients n'ayant pas de symptômes ou des symptômes légers (Canadian Cardiovascular Society grading of angina pectoris ou CCS-class = 1), l'activité physique n'était pas significativement associée au risque de mort subite cardiaque.

Chez les patients symptomatiques (CCS-class supérieur ou égal à 2), les patients inactifs avaient un risque de mort subite cardiaque augmenté d'un facteur 3,64, par rapport au groupe de référence (patients actifs réguliers), mais les patients très actifs avaient eux aussi un risque accru de mort subite cardiaque, multiplié par 7,46, par rapport aux patients actifs réguliers.

Une association linéaire était par ailleurs observée entre niveau d'activité physique de loisir et risque de décès non lié à une mort subite cardiaque, les plus actifs ayant le moins de risque de décès de ce type.

"Ces résultats soulignent l'importance de pousser encore l'évaluation fonctionnelle de l'ischémie et probablement d'un traitement plus agressif, avec des médicaments, chez les patients ayant un angor significatif évolutif, avant de se lancer dans un entraînement intensif", concluent les auteurs.

(Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology, publication en ligne du 20 mai)

Source: APMnews

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