Maladie coronaire stable: la revascularisation en routine prévient certains infarctus et les angors, pas les décès

Publié le jeudi 2 juillet 2020
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PARIS, 1er juillet 2020 (APMnews) - La revascularisation en routine des patients atteints de maladie coronaire stable n'améliore pas leur survie par rapport au traitement médical, mais est associée à moins d'infarctus non procéduraux et d'angors notamment instables, au prix de davantage d'infarctus procéduraux, selon une méta-analyse dont les résultats ont été présentés la semaine dernière au congrès virtuel EuroPCR.

Bien que la revascularisation soit souvent pratiquée et même recommandée chez les coronariens stables afin d'améliorer la survie, son bénéfice sur la survie et les évènements cardiovasculaires reste incertain, soulignent Sripal Bangalore de la New York University Grossman School of Medicine et ses collègues.

Les essais randomisés jusqu'à présent n'ont pas montré de bénéfice sur la survie, et le dernier en date, ISCHEMIA, présenté en novembre 2019, n'a pas montré de réduction des risques cardiovasculaires avec une stratégie de traitement invasif précoce avec cathétérisme cardiaque et éventuellement revascularisation par rapport au traitement médical optimal initial.

Une récente méta-analyse d'essais randomisés, incluant ISCHEMIA, publiée en mars, a examiné les bénéfices de l'intervention coronaire percutanée dans différents scénarios de maladie coronaire, stable ou instable, et a conclu à un bénéfice uniquement dans les formes instables.

Cette fois, les chercheurs ont conduit une méta-analyse d'essais randomisés comparant la revascularisation en routine à une stratégie initiale conservatrice, uniquement chez les coronariens stables.

Ils ont ainsi analysé 14 essais randomisés contrôlés portant sur 14.877 patients, avec 64.678 patients-années de suivi.

Il n'y avait pas de baisse significative du risque de décès associée à la revascularisation, le risque relatif (RR) s'élevant à 0,99 pour l'ensemble de la méta-analyse. Le même résultat était retrouvé pour les essais où moins de 50% des patients du groupe revascularisation ont reçu un stent et ceux où 50% des patients ou plus du groupe revascularisation ont reçu un stent.

La même chose était observée pour les décès cardiovasculaires (RR=0,92) et l'ensemble des infarctus (RR=0,93).

Mais le risque d'infarctus non procédural était significativement réduit de 24% chez les patients revascularisés, et le risque d'angor instable de 36%. En revanche, avec la revascularisation, le risque d'infarctus procédural était significativement augmenté d'un facteur 2,48.

Le rapport bénéfice-risque de la revascularisation en routine par rapport au traitement médical initial devrait être discuté lors de la prise de décision partagée avec les patients coronariens stables, souligne un communiqué d'EuroPCR. Un suivi à plus long terme des essais cliniques est nécessaire afin de déterminer si la réduction des évènements spontanés non fatals a un impact sur la survie.

Source: APMnews

Mathieu Kerneis

Programme Scientifique : Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JE SFC 2020) — Les points forts du congrès

Maladie coronaire et cardiologie interventionnelle

Intervenant: Mathieu Kerneis

Mots clés: Coronaire Coronaire , Interventionnel Interventionnel

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