Maladie coronaire prématurée: maladie inflammatoire et origine ethnique s’ajoutent aux facteurs classiques de mauvais pronostic

Publié le lundi 21 octobre 2019
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APM news

WASHINGTON, 18 octobre 2019 (APMnews) - Le tabagisme actif, un taux élevé de LDL-cholestérol, une maladie inflammatoire ou un antécédent familial ainsi que le fait d’être originaire d’Asie ou d’Afrique sub-saharienne sont des facteurs pronostiques défavorables d’une maladie coronaire prématurée, selon une étude française publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Jean-Philippe Collet et ses collègues du groupe ACTION-Coeur, de l’Institut de cardiologie et de l'Institut hospitalo-universitaire "Institut de cardiométabolisme et nutrition" (IHU-ICAN), situés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris) ainsi que de Sorbonne Université ont analysé l’évolution sur 20 ans de patients victimes d’une maladie coronaire prématurée survenue avant l’âge de 45 ans.

Cette étude porte sur 880 patients pris en charge dans 5 centres français de cardiologie et participant à un registre prospectif exhaustif baptisé AFIJI (pour appraisal of risk factors in young ischemic patients justifying aggressive intervention).

Chez ces patients jeunes, l’évolution paraît "agressive", avec l’apparition d’une atteinte multi-artérielle rapide. Le taux d’événement cardiovasculaire grave est élevé sur le long terme, avec 30% de de récidives coronaires à une médiane de 5 ans."Ces récidives sont le plus souvent liées à l’apparition de néo-lésions coronaires sur des sites initialement indemnes -ce qui montre le caractère agressif de la maladie-", précisent les auteurs dans un communiqué.

Plus de 10% des patients ont présenté des récidives multiples, avec un taux de mortalité prématurée de 5% dans les 8 premières années de la maladie. Si l’évolution initiale est souvent favorable, les patients ont donc un pronostic à long terme assez péjoratif.

Parmi les facteurs de risque d’évolution péjorative figurent le tabagisme actif, un niveau élevé de LDL-cholestérol et un antécédent familial de maladie coronaire, "avec des proportions bien plus importantes que dans les registres habituels de patients coronariens".

Deux autres facteurs de risque d’évolution péjorative moins bien connus ont été trouvés : la présence concomitante d’une maladie inflammatoire chronique -présente chez 10% des patients- ainsi que l’origine ethnique, les patients originaires d’Afrique sub-saharienne ou d’Asie apparaissant plus à risque de mauvais pronostic.

"Ces résultats représentent un pas important dans la compréhension de cette maladie prématurée actuellement en augmentation, afin de détecter les patients à risque et de développer des thérapies spécifiques chez ces jeunes patients actifs", concluent les auteurs dans le communiqué.

Source: APMnews

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