Plan « Ma santé 2022 » : ce qui va changer pour les médecins

Mis à jour le jeudi 20 septembre 2018

Fin du numerus clausus, suppression des ECN, création du métier d’assistant médical, amélioration des soins de proximités… La Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn s’est prononcé ce mardi 18 septembre 2018 dans une conférence de presse sur les 54 mesures de sa stratégie de transformation du système de santé « Ma santé 2022 : un engagement collectif ». Zoom sur les principaux changements qu'apporte ce nouveau plan de santé dans la pratique quotidienne et la formation des médecins…

La réforme des études de médecine

La suppression du numerus clausus et la refonte du premier cycle des études médicales

Dès 2020, le numerus clausus, qui est un outil historique de régulation de l’accès aux études de médecine, maïeutique, pharmacie et odontologie inadapté́ aux questions actuelles sera supprimé́. Le recrutement des étudiants se fera de façon progressive au cours du premier cycle et à partir de cursus diversifiés.

La suppression de l’épreuve classante nationale (ECN) et la réforme du second cycle des études médicales

Pour les étudiants en médecine, les épreuves nationales classantes induisent un bachotage tout au long du second cycle au détriment de la formation clinique. Le cursus de formation du 2e cycle de médecine sera reformé́ a n de mieux tenir compte des compétences et aptitudes des étudiants et de leur projet professionnel, dans le cadre d’un dispositif au sein duquel les postes proposés pour le 3e cycle seront définis en lien direct avec les besoins du système de santé et les capacités de formation.

La libération du temps médical

Création d’un nouveau métier : l’assistant médical

Redonner du temps aux médecins, c’est leur permettre de se concentrer sur le cœur de leurs missions, à savoir soigner les patients et coordonner leurs parcours.

En plus des délégations de tâches des médecins vers d’autres professionnels, d’élargissement de compétences de certains professionnels (ex : vaccination pour les pharmaciens, pratiques avancées pour les infirmiers…), il sera créé un nouveau métier d’assistant médical.

Les assistants médicaux assureront des missions d’assistance des médecins et d’aide au parcours des patients. Ils pourront ainsi se voir attribuer des missions :

  • d’accueil des patients ;
  • de recueil de certaines données et constantes, ainsi que de certaines informations relatives à l’état de santé ;
  • de vérification de l’état vaccinal et des dépistage ;
  • de mise à jour des dossiers et de gestion de l’aval de la consultation (pré remplissage de documents administratifs, prise de rendez-vous avec les spécialistes de recours, programmation des admissions en établissements hospitaliers...).

Les conditions d’éligibilité au financement de ces assistants médicaux seront triples : exercer en cabinet de groupe, être inscrit dans un exercice coordonné, apporter un bénéfice mesurable à la population en termes d’accès aux soins et de qualité des soins, notamment en augmentant le nombre de patients suivis. Les pouvoirs publics se mobiliseront activement pour accompagner l’ensemble de ces évolutions. Ces postes seront financés auprès de tous les médecins, d’abord généralistes et certains spécialistes, pour lesquels des difficultés d’accès aux soins sont identifiés. À horizon 2022, ce sont plus de 4 000 structures de groupe qui seront dotés d’un assistant médical, permettant ainsi de dégager l’équivalent de 2 000 ETP de temps médical.

L’accent sur les outils numériques

Un bouquet de services numériques intégrés, incluant la généralisation de la e-prescription d’ici 2021, sera développé pour faciliter l’exercice des professionnels de santé. Transmission sécurisée d’avis, partage des données de santé (DMP), d’alertes, ou encore d’images entre professionnels, services d’agendas partagés... Les services numériques doivent répondre aux besoins quotidiens des professionnels de santé et être accessibles en mobilité.

Les solutions de prises de rendez-vous en ligne seront accessibles à l’ensemble des professionnels. En effet, il y a actuellement 100 millions de rendez-vous médicaux non honorés en France par an, soit 37 000 ETP de médecins. La prise de rendez-vous en ligne, et la meilleure gestion des consultations qui l’accompagne, permet de diviser ce nombre par un facteur 2 à 5, redonnant ainsi du temps médical.

L’ensemble de ces services sera proposé dans un cadre d’interopérabilité renforcé et en s’appuyant sur un identifiant unique du patient.

L’amélioration de l’organisation des soins de proximité

Les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)

L’objectif est de compter 1000 Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) d’ici 2022 et 2000 structures d’exercice coordonné conventionnées dans les 5 ans.

Les CPTS sont des organisations très légères dédiées à la coordination des professionnels. Une stratégie nationale de déploiement des CPTS sera arrêtée d’ici fin 2018 et une négociation conventionnelle sera engagée dès 2019 pour donner un cadre pérenne de financement à celles-ci.

Des moyens spécifiques seront dédiés aux CPTS pour leur permettre de réaliser leurs missions.

Création de postes de médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital

Dès 2019, 400 médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital seront envoyés dans les territoires prioritaires, salariés par le centre hospitalier de proximité́ ou un centre de santé pour y proposer des consultations. Cette mesure exceptionnelle est de nature à répondre à l’aspiration des jeunes générations qui sont en demande d’un exercice collectif, parfois salarié.

Le renforcement du pilotage des hôpitaux par les médecins et le statut de praticien hospitalier

Le renforcement des CME dans les GHT

L’émergence de projets de santé de territoire ainsi que les nouveaux enjeux de coopération entre la ville et l’hôpital nécessitent de repenser la gouvernance et d’y impliquer plus forte- ment les médecins.
La nouvelle réforme vise à doter les groupements hospitaliers de territoire (GHT) d’une véritable Commission Médicale d’Établissement d’ici 2020 pour accompagner les projets médicaux des GHT qui doivent redevenir le cœur de ces groupements.

Elle vise également à élargir les compétences de la Commission Médicale d’Établissement (CME).

Il s’agit de renforcer la participation des médecins au pilotage des hôpitaux en associant mieux la CME en amont à l’élaboration des décisions structurantes pour la politique médicale, la qualité et la pertinence des soins ; d’élargir les compétences de la CME à de nouveaux domaines (renforcement des prérogatives concernant la politique de formation médicale, participation à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, responsabilité de la mise en œuvre d’un projet social et managérial médical).

La création d’un statut unique de praticien hospitalier

Le plan « Ma santé 2022 » vise à la modernisation du statut de praticien hospitalier pour soutenir les carrières hospitalières par la création d’un statut unique de praticien hospitalier
Il s’agit également de mieux accompagner les parcours professionnels. S’agissant du personnel médical, l’entrée dans la carrière sera simplifiée (suppression du concours de praticien hospitalier) et la diversification des missions sera facilitée (activité hospitalière et une activité libérale intra ou extra hospitalière, reconnaissance des valences non cliniques) dans les obligations de service.

Source

Ministère des Solidarités et de la Santé. Ma santé 2022 : un engagement collectif. Dossier de presse. 18/09/2018

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