Lésions de bifurcation coronaire : poser 2 stents systématiquement n'apparaît pas nécessaire

Mis à jour le lundi 31 mai 2021
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PARIS, 27 mai 2021 (APMnews) - Une stratégie de pose systématique de 2 stents d'emblée dans les lésions de bifurcation du tronc commun coronaire gauche n'améliore pas l'évolution clinique à 1 an, par rapport à une stratégie pas à pas commençant par la pose d'un seul stent (stenting provisionnel), selon une étude européenne présentée la semaine dernière au congrès virtuel EuroPCR.

De nombreux essais ont été menés sur les lésions des bifurcations et n'ont pas montré de bénéfice du traitement d'emblée par double stent, certaines ayant même montré des résultats défavorables.

En ce qui concerne en particulier les lésions de la bifurcation du tronc commun coronaire gauche, considérée différemment des autres bifurcations, comme plus complexe, de nombreuses données dans ce sens également ont été obtenues d'études non randomisées, mais 1 étude randomisée soutient le double stent systématique, rappelle David Hildick-Smith du Sussex Cardiac Centre, Brighton and Sussex University Hospitals, à Brighton (Royaume-Uni), dans sa présentation.

Sur la base de ce seul essai randomisé, la Société européenne de cardiologie (ESC), dans ses recommandations de 2018 sur la revascularisation myocardique, a préconisé de recourir de préférence à la pose de 2 stents, par la technique de double-kissing crush, plutôt qu'au stenting provisionnel avec 1 seul stent -avec la possibilité ensuite de poser un 2e stent-, est-il souligné dans un communiqué d'EuroPCR.

L'essai EBC MAIN a porté sur 467 patients dans 11 pays, ayant des lésions de la bifurcation du tronc commun coronaire gauche, randomisés entre les deux stratégies.

A 1 an, le taux de décès de toute cause, de revascularisation de la lésion cible et d'infarctus était de 14,7% dans le groupe stenting provisionnel contre 17,7% dans le groupe double stent systématique, sans différence statistiquement significative.

Il n'y avait aucune différence entre les 2 groupes sur chacun des composants du critère primaire considérés isolément, ni sur le taux de thrombose de stent.

Les évènements indésirables graves étaient ainsi numériquement en faveur de l'approche de stenting provisionnel, outre le fait que la durée de la procédure, la dose de rayons X et la quantité de consommables utilisés étaient moindres avec cette stratégie, commente David Hildick-Smith.

En outre, avec la stratégie de stenting provisionnel, seul 1 patient sur 5 a eu besoin d'un 2e stent.

Poser 2 stents d'emblée n'est donc pas nécessaire, et l'approche de stenting provisionnel doit rester la stratégie de choix pour la majorité des interventions de bifurcation du tronc commun gauche, conclut le chercheur.

Source: APMnews

Mots clés: Chirurgie Chirurgie

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