Les vaccins à adénovirus associés à un surrisque d'infarctus du myocarde et d'embolie pulmonaire chez les moins de 75 ans

Publié le jeudi 20 janvier 2022
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SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 19 janvier 2022 (APMnews) - Chez les moins de 75 ans, il n'y a pas de surrisque d'événements cardiovasculaires graves après administration des vaccins anti-Covid à ARN messager, mais une incidence plus élevée d'infarctus et d'embolie pulmonaire après injection des vaccins à adénovirus, selon les résultats d'une étude du groupement d'intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare publiés mardi sur le site de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Cette nouvelle étude porte spécifiquement sur les moins de 75 ans. La même équipe avait déjà montré l'absence de lien entre injection de vaccins à ARNm anti-Covid et événements cardiovasculaires graves chez les 75 ans et plus, rappelle-t-on.

Le GIS Epi-Phare (ANSM, assurance maladie) a mené cette étude en raison d'un risque potentiel d'hypertension artérielle après injection des vaccins anti-Covid identifié par la pharmacovigilance.

Ils ont évalué à partir du système national des données de santé (SNDS) le risque des événements cardiovasculaires graves les plus fréquents -infarctus aigu du myocarde, accident vasculaire cérébral (AVC) et embolie pulmonaire- dans les trois semaines suivant l'injection d'un vaccin anti-Covid chez les 18-74 ans entre fin décembre 2020 et juillet 2021.

L'équipe a effectué des comparaisons intra-individuelles en utilisant une méthode de séries de cas autocontrôlées. Ils se sont appuyés sur les données relatives à plus de 46 millions de personnes vaccinées et plusieurs dizaines de milliers d'événements cardiovasculaires graves survenus au cours de la période étudiée.

Les résultats ne mettent pas en évidence de risque augmenté d'infarctus aigu du myocarde, d'AVC ou d'embolie pulmonaire au cours des trois semaines suivant la première ou la deuxième dose des vaccins à ARNm, rapportent les auteurs.

En revanche, l'incidence de l'infarctus aigu du myocarde était significativement plus élevée dans les deux semaines suivant l'injection du vaccin de Janssen (Covid-19 Vaccine Janssen*, Ad26.COV2-S, groupe J&J). La quantification du surrisque est "incertaine en raison d'un nombre total de cas faible", notent les auteurs. L'incidence de l'embolie pulmonaire, de l'AVC ischémique et hémorragique ne différait pas significativement.

L'incidence de l'infarctus aigu du myocarde et de l'embolie pulmonaire était plus élevée au cours de la deuxième semaine suivant l'injection de la première dose du vaccin anti-Covid d'AstraZeneca (Vaxzevria*, ChAdOx1 nCoV-19) que pendant les périodes de référence. L'incidence de l'embolie pulmonaire était supérieure également après la deuxième dose.

L'augmentation est de l'ordre de 30% pour les risques d'embolie pulmonaire et d'infarctus aigu du myocarde au cours de la deuxième semaine suivant la première dose de Vaxzevria*, précisent les auteurs.

Dans son communiqué, l'ANSM souligne que ces vaccins à adénovirus "sont peu utilisés en France". Toutes les doses achetées sont reversées au programme Covax, note-t-on.

Source: APMnews

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