Les troubles hypertensifs de la grossesse associés à des troubles mentaux chez l'enfant même sans antécédents

Publié le mardi 19 mai 2020
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APM news

WASHINGTON, 15 mai 2020 (APMnews) - Les troubles hypertensifs de la grossesse sont associés à un plus grand risque de troubles mentaux pédiatriques, indépendamment des troubles mentaux des parents, selon une étude finlandaise publiée dans Hypertension.

Des données suggèrent une association entre les troubles hypertensifs de la grossesse et certains troubles mentaux chez l'enfant, tels que les troubles du spectre autistique, le trouble de déficit d'attention/hyperactivité (TDAH) ou la schizophrénie. Toutefois on ne sait pas si cette association existe aussi pour d'autres troubles mentaux, ni si elle dépend de la sévérité du trouble hypertensif, des antécédents maternels et paternels de troubles mentaux ou des antécédents paternels d'hypertension.

Marius Lahti-Pulkkinen de l'université d'Helsinki et ses collègues ont mené une étude prospective sur 4.743 paires mère-enfant, recrutées en début de grossesse dans les maternités finlandaises. Les naissances ont eu lieu entre 2006 et 2010, et les enfants suivis jusqu'au 31 décembre 2016, soit jusqu'aux âges de 6,4 ans à 10,8 ans.

L'hypertension maternelle chronique existant avant la grossesse, l'hypertension gravidique, et la pré-éclampsie pendant la grossesse considérée, étaient chacune associées à un risque accru des troubles mentaux pédiatriques en général (troubles mentaux et du comportement -F00-F99- de la classification internationale des maladies - CIM-10).

La pré-éclampsie était aussi associée en particulier au risque de troubles du développement psychologique (F80-F89) et de troubles du comportement et émotionnels (F90-F98).

L'hypertension chronique et l'hypertension gestationnelle étaient associées également au risque de troubles du développement psychologique.

Toutes ces associations étaient indépendantes des troubles mentaux maternels, des troubles mentaux ou hypertensifs paternels, de l'âge maternel, du nombre d'enfants, du tabagisme, de la consommation d'alcool et du niveau d'éducation.

Le risque de troubles mentaux, de troubles du développement psychologique et de troubles du comportement et émotionnels augmentait linéairement avec la sévérité de la pré-éclampsie. Par exemple, le risque de troubles mentaux en général était augmenté de 66% en cas de pré-éclampsie et d'un facteur 2 en cas de pré-éclampsie sévère.

En outre, les troubles hypertensifs, le surpoids ou l'obésité et le diabète chez la mère avaient des effets additifs sur le risque de troubles mentaux, de troubles du développement psychologique et de troubles du comportement et émotionnels chez l'enfant.

Ainsi l'incidence cumulative des troubles mentaux calculée jusqu'à l'âge de 10 ans était de 6,6% en l'absence de ces 3 facteurs maternels, de 9,7% en présence d'un de ces facteurs, de 13,6% en présence de 2 de ces facteurs, et de 22,2% si les 3 facteurs étaient réunis.

Il s'agit de la première étude montrant que la pré-éclampsie prédit un risque accru de troubles mentaux chez l'enfant indépendamment des troubles mentaux des parents, du surpoids ou de l'obésité maternelle, et des troubles diabétiques maternels, ainsi que des troubles hypertensifs paternels, soulignent les auteurs.

"Nos résultats soulignent les conséquences intergénérationnelles délétères de la pré-éclampsie maternelle sur la santé mentale des enfants", concluent-ils.

(Hypertension, publication en ligne du 20 avril)

Source : APMnews

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