Les patients diabétiques insuffisants rénaux ont un taux de décès plus élevé et un accès moindre à la greffe

Mis à jour le vendredi 16 octobre 2020
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NANTES, 7 octobre 2020 (APMnews) - Les patients diabétiques avec une maladie rénale chronique ont un taux de décès plus élevé et un accès moindre à la greffe que les insuffisants rénaux non diabétiques, avec des différences également selon que la néphropathie est liée ou non au diabète, selon une étude présentée mercredi au congrès virtuel de la Société française de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT).

Toutes les néphropathies chez le patient diabétique ne sont pas des néphropathies diabétiques. Il existe peu de données sur la signification pronostique de cette distinction, indiquent le Dr Arnaud Delautre des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et ses collègues dans leur communication orale.

Dans cette étude, ils ont comparé des patients avec une néphropathie diabétique et des patients dont la néphropathie n'est pas causée par le diabète qui est considéré comme une comorbidité, examinant leurs caractéristiques à l'initiation de la dialyse, leur taux de survie et d'accès à la greffe.

Pour cela, ils ont utilisé le registre national REIN, soit 65.136 patients débutant un traitement de suppléance entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2015 et suivis sur huit ans: 59,4% étaient non diabétiques, 25,1% avaient une néphropathie diabétique et 15,5% avaient un diabète en comorbidité.

Les patients diabétiques étaient significativement plus âgés que les non-diabétiques, atteints de 71 ans et 73 ans en moyenne, contre 67 ans. Ils avaient aussi un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, de 28-29 kg/m² contre 25 kg/m² et davantage de comorbidités cardiovasculaires, de 70-72% contre 48%, en particulier les coronopathies et les arythmies, et d'insuffisance respiratoire (15-19% vs 11%), a précisé le Dr Delautre en session orale.

A l'initiation de la dialyse, il apparaît par ailleurs que la première séance a été réalisée davantage en urgence chez les patients diabétiques (31-33%) que chez les non-diabétiques (29%).

Les courbes de survie montrent que le risque de décès commence à diverger après trois ans de suivi et à huit ans, une nette différence entre les diabétiques et les non-diabétiques apparaît, avec un taux de décès de 78,1% chez les patients avec un diabète comorbide et de 73% chez ceux ayant une néphropathie diabétique, contre 57% pour les non-diabétiques.

Le taux d'accès à la transplantation rénale est d'emblée différent entre les diabétiques et les non-diabétiques: après un an de suivi, il atteint 6,4% chez ces derniers, contre 1,2-1,7% chez les diabétiques. A quatre ans de suivi, 31,1% des insuffisants rénaux non diabétiques ont été greffés, contre 10,6-12,3% des diabétiques et à huit ans, ils sont 49,9% des non-diabétiques à être greffés, contre seulement 19,3-22,2% des diabétiques.

Le taux de patients inscrits sur liste d'attente diffère également puisqu'un tiers des patients non diabétiques (33,5%) le sont, contre 15% environ des diabétiques. En revanche, le délai d'attente n'est pas significativement différent, entre 2,5 et 3 ans.

L'analyse des données en tenant compte du risque concurrent de greffe, après ajustement sur les facteurs potentiels de confusion (âge, sexe, comorbidités cardiovasculaires, cancer, insuffisance respiratoire chronique), montre que le risque de décès est significativement plus élevé chez les patients diabétiques, de 12% pour ceux qui ont une néphropathie causée par leur diabète et 22% lorsque la néphropathie n'est pas causée par le diabète.

Entre les deux groupes de patients diabétiques, il apparaît que le taux de décès était plus élevé chez les patients avec un diabète comorbide par rapport à ceux qui ont une néphropathie diabétique, ce qui peut être mis en lien avec certaines caractéristiques, comme leur âge plus avancé, la prévalence des cancers, des hépatopathies, des troubles du rythme cardiaque.

Mais les patients avec un diabète comorbide ont davantage accès à la greffe que ceux avec une néphropathie diabétique: ils souffrent moins d'artériopathie oblitérante des membres inférieurs, moins de handicap et moins d'obésité; ils sont moins nombreux à être sous insuline.

Globalement, ces données montrent que parmi les insuffisants rénaux chroniques, le diabète est associé à un taux de décès plus élevé et un taux d'accès à la greffe moindre et que chez les diabétiques, la néphropathie non liée au diabète est fréquente, et qu'il existe deux profils de patients.

Ces données suggèrent également qu'il faudrait améliorer les mesures de prévention du diabète et de suivi des patients et s'interroger sur la nécessité d'élargir les indications de la biopsie rénale pour mieux différencier ces deux groupes, a conclu le Dr Delautre.

Source : APMnews

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