Le vérapamil pourrait protéger la fonction bêta des diabétiques de type 1 récents

Mis à jour le mardi 17 juillet 2018
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WASHINGTON, 9 juillet 2018 (APMnews) - L’inhibiteur calcique vérapamil, utilisé depuis longtemps dans l'hypertension artérielle, pourrait avoir également un intérêt en diabétologie, une étude de phase II publiée lundi dans Nature Medicine suggérant qu'il pourrait préserver la fonction bêta des diabétiques de type 1 récents.

Fernando Ovalle de l’université de l’Alabama à Birmingham et ses collègues ont réalisé cette étude randomisée car des études chez la souris ont montré que le vérapamil favorisait la survie des cellules bêta produisant l’insuline, voire inversait parfois le cours du diabète.

Le vérapamil bloque les canaux calciques de type L, fortement exprimés dans les cellules bêta. En bloquant ces canaux, il inhiberait la transcription du gène d’une protéine appelée TXNIP, impliquée dans la mort cellulaire programmée des cellules bêta.

Ils ont administré pendant un an une dose orale de vérapamil quotidienne à 11 patients et un placebo à 13 autres, tous âgés de 18 à 44 ans, diagnostiqués d’un diabète de type 1 depuis au plus trois mois et dont la concentration de peptide C -marqueur de la sécrétion résiduelle d'insuline- restait supérieure ou égale à 0,2 mmol/l. Tous étaient sous insulinothérapie en parallèle.

Le vérapamil a été bien toléré: il n’a pas provoqué d’hypotension, même chez les patients normotendus, et la fréquence cardiaque ainsi que les données d’électrocardiographie n’ont pas été altérées. Le seul effet indésirable, déjà connu, a été une constipation modérée.

Le vérapamil a été associé à une amélioration statistiquement significative de l’aire sous la courbe du peptide C après stimulation par un repas test mixte à trois mois et à un an de suivi. Elle était à la fois supérieure à l’aire sous la courbe mesurée dans le groupe placebo mais aussi significativement mieux préservée entre trois mois et un an par rapport au groupe placebo.

Le vérapamil était également associé à une moindre hausse des besoins quotidiens totaux en insuline (+27%, contre +70% dans le groupe placebo), une moindre fréquence des hypoglycémies (0,5 événement par mois contre 2,5 dans le groupe placebo).

Dans les deux cas le contrôle glycémique était à la cible, avec un taux d’hémoglobine glyquée compris entre 6% et 7%. Aucun effet n’a été constaté sur le taux de glucagon.

Pour ces auteurs, le vérapamil pourrait ainsi constituer une "nouvelle approche sûre et efficace" pour préserver la fonction bêta endogène et baisser les besoins en insuline et les hypoglycémies chez des diabétiques de type 1 récents.

(Nature Medicine, édition en ligne du 9 juillet 2018

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament

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