Le traitement interventionnel de la régurgitation sévère de la valve tricuspide diminuerait la mortalité

Publié le vendredi 27 décembre 2019
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APM news

WASHINGTON, 20 décembre 2019 (APMnews) - Le traitement par une technique interventionnelle de la régurgitation sévère de la valve tricuspide permettrait de diminuer la mortalité et le risque de réhospitalisation, selon une étude non randomisée, basée sur un registre, publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Maurizio Taramasso de l'hôpital universitaire de Zurich et ses collègues de 22 centres en Europe et Amérique du nord rappellent que durant longtemps, la régurgitation tricuspide était considérée comme une valvulopathie bénigne. Mais des études de cohorte récentes ont montré que les formes sévères sont associées à une surmortalité.

De plus, la régurgitation tricuspide était peu traitée par chirurgie, en raison de la "mauvaise réputation" de la chirurgie dans ce contexte et d'une absence de bénéfice dans une étude. Dans la mesure où, pour les autres valvulopathies, l'évolution s'est faite vers des traitements interventionnels, il y avait un intérêt à évaluer cette stratégie aussi pour la valve tricuspide.

A défaut d'étude randomisée, ils ont conduit une étude comparant 268 patients présentant une régurgitation tricuspide sévère et traités par voie percutanée, et autant de patients aux caractéristiques similaires mais traités seulement médicalement.

Différentes techniques interventionnelles ont été utilisées: MitraClip* (Abbott Vascular), Forma* (Edwards Lifesciences), Cardioband* (Edwards Lifesciences), TriCinch* (4Tech), Pascal* (Edwards Lifesciences), NaviGate* (NaviGate Cardiac Structures) et des implantations de valves caves.

Après un an de suivi, la mortalité était significativement plus basse chez les patients ayant bénéficié du traitement interventionnel: 23%, comparé à 36% dans le groupe contrôle.

De même, le risque de réhospitalisation était significativement diminué: 26% comparé à 47%.

Ainsi, le risque de décès ou réhospitalisation était diminué de 40% après traitement interventionnel, ont calculé les chercheurs. Après ajustement statistique pour de nombreux facteurs (sexe, classe NYHA, dysfonction ventriculaire droite, fibrillation atriale, régurgitation mitrale, pacemaker/défibrillateur), le bénéfice était encore plus important: le risque de décès ou réhospitalisation était diminué de 65%.

Cette étude présente des limites (non randomisée, multiples techniques différentes) mais c'est pour le moment la seule analyse comparant la stratégie interventionnelle et un traitement médical dans la régurgitation tricuspide, notent les auteurs.

Source: APMnews

Mots clés: Valvulopathies Valvulopathies

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