Le risque myocardite post-vaccin anti-Covid à ARNm plus important chez les jeunes adultes que chez les adolescents

Publié le mardi 12 avril 2022
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SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 11 avril 2022 (APMnews) - Le risque de myocardite ou péricardite post-vaccin anti-Covid à ARN messager apparaît plus important chez les jeunes adultes, que chez les adolescents, selon une étude conduite à partir du Système national des données de santé (SNDS) mise en ligne la semaine dernière par le groupement d'intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare.

Epi-Phare, conjoint à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et à la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), avait présenté en novembre 2021 une étude cas-témoin portant sur l'ensemble des cas de myocardite et de péricardite survenus en France chez les 12-50 ans entre le 15 mai et le 31 août 2021. Elle avait mis en évidence des surrisques d'hospitalisation pour myocardite ou péricardite dans les 7 jours après l'administration de chacun des deux vaccins à ARNm, Comirnaty* (Pfizer/BioNTech) et Spikevax* (Moderna), maximal chez les hommes de 12-29 ans après la deuxième dose de Spikevax*. Ce constat avait conduit la Haute autorité de santé à écarter le vaccin de Moderna chez les moins de 30 ans.

Toutefois, la première étude d'Epi-Phare n'avait pas déterminé le risque par tranche d'âge chez les moins de 30 ans. Cette nouvelle étude avait notamment pour but de préciser les estimations des risques parmi les adolescents et les jeunes adultes, expliquent Stéphane Le Vu et ses collègues.

La nouvelle analyse a inclus des hospitalisations pour myocardite et péricardite survenues entre mai et fin octobre 2021. Les données du SNDS ont été chaînées aux systèmes d'information sur la vaccination anti-Covid (VAC-SI) et sur les tests de dépistage du Sars-CoV-2 (Sidep).

Au cours de cette période, où 46 millions de doses de vaccins à ARNm avaient été administrées aux 12-50 ans en France, 1.612 cas de myocardite et 1.613 de péricardite survenus chez des personnes vaccinées et non vaccinées ont été appariés à respectivement 16.120 et 16.130 témoins.

Globalement, le risque de myocardite est augmenté dans les 7 jours suivant la vaccination pour chaque dose des deux vaccins avec des odds-ratio ajustés (ORa) de 1,8 pour la première dose du vaccin de Pfizer et 8,1 pour la deuxième dose et de respectivement 3 et 30 pour la première et la deuxième dose de Spikevax*. Le risque de péricardite était significativement plus important dans les 7 jours après la deuxième dose pour les deux vaccins, avec des ORa de 2,9 pour Comirnaty* et 5,5 pour Spikevax*.

Le risque de myocardite le plus important a été mis en évidence chez les 18-24 ans, après la deuxième dose de Spikevax, chez les hommes (ORa de 44) mais aussi chez les femmes (ORa de 41).

Le nombre de cas de myocardite attribuable à la vaccination chez les hommes de 18-24 ans s'élève à un pour 5.900 deuxièmes doses de Spikevax* et un pour 21.100 deuxièmes doses de Comirnaty*. Un excès de cas, mais moindre, a également été mis en évidence chez les adolescents (12-17 ans): un cas pour 52.631 deuxièmes doses du vaccin de Pfizer/BioNTech et 1/31.250 deuxièmes doses de Spikevax*.

Ce surrisque plus faible chez les adolescents que chez les jeunes hommes et les jeunes femmes après la deuxième dose de Comirnaty* est cohérent avec des données de surveillance israéliennes, mais contraste avec l'analyse des données de pharmacovigilance américaines, notent les auteurs. Ils expliquent que "le rôle des hormones sexuelles dans la susceptibilité accrue à la myocardite des jeunes hommes par rapport aux femmes a été confirmé".

Ils soulignent également la significativité du risque chez les femmes, notamment celui de péricardite chez celles de plus de 30 ans après la deuxième dose de Spikevax*, qui n'avait pas été rapporté auparavant.

La durée de séjour hospitalier des personnes atteintes d'une myocardite survenue après vaccination, de 4 jours en médiane, est équivalente à celle des non-vaccinés. En revanche, les cas survenus après administration d'un vaccin à ARNm ont moins souvent nécessité un séjour en réanimation et une ventilation et ils sont moins souvent décédés en réanimation. S'agissant des péricardites, le taux de mortalité était de 0,6% parmi les personnes vaccinées et 0,3% parmi les non-vaccinés.

Notifications à la pharmacovigilance

Selon le dernier rapport trimestriel de pharmacovigilance du vaccin Comirnaty*, publié le 5 avril, près de 650 cas de myocardite ont été déclarés, dont 528 ont conduit à une hospitalisation et trois à un décès, depuis le début de la surveillance. Pour les péricardites, ce chiffre s'élève à 915, pour lesquelles 348 personnes ont été hospitalisées.

S'agissant du vaccin de Moderna, dont le bilan trimestriel de pharmacovigilance a été mis en ligne le 18 mars, 173 cas de myocardite et 180 cas de péricardite sont répertoriés par la pharmacovigilance.

Epi-Phare: myocardite et péricardite après la vaccination Covid-19

Source: APMnews

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