La variabilité de la pression artérielle chez le jeune adulte est associée au risque cardiovasculaire ultérieur

Publié le jeudi 30 janvier 2020
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APM news

WASHINGTON, 27 janvier 2020 (APMnews) - La variabilité de la pression artérielle d'une année sur l'autre chez les personnes jeunes est associée à une augmentation du risque ultérieur d'évènements cardiovasculaires et de mortalité toutes causes, indépendamment de la pression artérielle moyenne, selon une étude parue dans JAMA Cardiology.

Les recommandations de l'American College of Cardiology/American Heart Association de 2017 préconisent d'utiliser la moyenne de plusieurs mesures de la pression artérielle (PA) prises à différentes occasions pour objectiver une hypertension chez l'adulte.

Plusieurs études ont montré que chez les personnes d'âge moyen, une plus grande variabilité des mesures de la PA entre les consultations et une évolution plus importante de la PA au cours du temps sont toutes deux associées à un risque accru d'évènements cardiovasculaires, indépendamment du niveau moyen de la pression artérielle.

Mais il existe peu d'informations sur la pertinence clinique de cette variabilité et du niveau d'évolution de cette donnée au cours du temps, chez les jeunes adultes.Yuichiro Yano de l'université Duke de Durham (Caroline du Nord) et ses collègues ont cherché à déterminer si la variabilité à long terme de la PA, et notamment son évolution entre la vingtaine et la quarantaine, était associée à la maladie cardiovasculaire et à la mortalité toutes causes confondues plus tard, indépendamment de la PA moyenne chez l'adulte jeune ou sa PA lorsqu'il est plus âgé.

Cette étude de cohorte prospective a inclus 3.394 patients ayant participé à l'étude CARDIA, suivis pendant 20 ans en médiane. Leur âge moyen était de 35,1 ans à l'issue de 10 ans de suivi.

D'autres caractéristiques telles que les PA systolique (PAS) et diastolique (PAD), la variabilité de la PAS entre les consultations ou l'évolution annuelle de la PA ont été évaluées au début de l'étude puis à 2 ans, 5 ans, 7 ans et 10 ans. Le niveau moyen de la PA de chaque patient était calculé sur la base de 5 consultations (années 0, 2, 5, 7 et 10).

Les évènements cardiovasculaires (maladie coronaire fatale ou non fatale, hospitalisation pour insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral (AVC), accident ischémique transitoire (AIT), ou une intervention sur une artère périphérique) et la mortalité toutes causes confondues ont été relevés.

Au cours d'un suivi médian de 20 ans, 162 événements cardiovasculaires et 181 décès se sont produits.

Dans le modèle ajusté, les personnes ayant eu une variation de plus de 9,8 mmHg de leur pression systolique durant les 10 premières années de suivi avaient un risque d'évènements cardiovasculaires à l'issue du suivi augmenté de 25%.

A l'inverse, une hausse régulière de 1,03 mmHg/an de la PAS moyenne ne modifiait pas le risque de maladies cardiovasculaires.

Les résultats pour chaque mesure de la PA étaient similaires en utilisant la PAD.

Les auteurs ne notent pas de différences entre les sexes ou l'origine ethnique, que ce soit pour les évènements cardiovasculaires ou la mortalité toutes causes.

Les résultats de cette étude suggèrent que l'évaluation de la variabilité de la PAS d'une consultation sur l'autre pourrait aider à identifier les jeunes adultes à risque accru de maladies cardiovasculaires et de mortalité toutes causes confondues plus tard dans la vie. Les auteurs estiment néanmoins que de nouvelles études sur des cohortes indépendantes sont nécessaires.

Soulignant que les inhibiteurs calciques ont un effet plus fort sur la réduction de la variabilité entre consultations comparés aux autres classes d'antihypertenseurs, ils estiment que cette classe thérapeutique pourrait être plus intéressante que les autres pour prévenir les maladies cardiovasculaires chez les jeunes adultes présentant une forte variabilité de leur PA entre les consultations.

Source: APMnews

Mots clés: Facteurs de risque Facteurs de risque

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