La télésurveillance en cardiologie a un intérêt clinique supérieur au suivi conventionnel (HAS)

Publié le jeudi 18 mars 2021
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APM news

SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 17 mars 2021 (APMnews) - Le suivi par télésurveillance des patients porteurs d’un moniteur cardiaque implantable (MCI) présente un intérêt clinique supérieur à celui du suivi conventionnel, a conclu la Haute autorité de santé (HAS) à la suite d'une évaluation technologique publiée sur son site internet mardi.

Le suivi par télésurveillance "conduit à la précocité de la pose du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique du patient", a ajouté la HAS.

"Selon les experts [interrogés pour l'élaboration du rapport], ce raccourcissement des délais a un impact pronostique positif pour les patients au vu du risque de récidive de la syncope ou de l’AVC pouvant engager le pronostic vital du patient."

De plus, "le suivi par télésurveillance présente un intérêt organisationnel supérieur à celui du suivi conventionnel", à condition "de la mise en place d’une bonne organisation".

"Celle-ci comprend l’information, le recueil du consentement et l’éducation thérapeutique du patient, une répartition des tâches entre infirmier(s) et rythmologue(s) pour la gestion des données, une place limitée des consultations justifiées par des tracés pathologiques, l’intervention du fabricant pour résoudre les problèmes techniques, ainsi que l’envoi régulier de comptes-rendus du suivi par télésurveillance aux patients et aux différents professionnels de santé le prenant en charge", détaille la HAS.

Dans ces conditions, le patient peut bénéficier d'une "meilleure régularité du suivi, d'un meilleur accompagnement et d'une baisse des déplacements".

Quant à l’équipe de soins, elle obtient une "répartition pertinente des tâches entre infirmier et rythmologue, un gain du temps médical, une baisse des consultations non justifiées et une valorisation des compétences des infirmiers en rythmologie et en éducation thérapeutique".

Ces deux points, l'intérêt clinique et l'impact organisationnel, constituaient les deux questions principales d’évaluation retenues par la HAS, qui s'est auto-saisie, a-t-elle précisé.

Elle s'est appuyée sur "le recueil de la position d’un groupe d’experts individuels (cardiologue/rythmologue, infirmier(e) de télécardiologie, neurologue, spécialiste de la télémédecine), l’interrogation des fabricants de MCI commercialisés en France afin de recueillir les données dont ils disposent", et le "recueil du point de vue collectif des organismes des professionnels de santé (cardiologie, IDE, neurologie, télémédecine) et des associations de patient(e)s".

La HAS a également procédé à une analyse critique de la littérature, mais son apport "est mineur en raison de la paucité à la fois quantitative et qualitative des données ainsi que de l’ancienneté des études".

"Les conclusions de ce rapport d’évaluation se fondent donc essentiellement sur l’avis d’experts", est-il souligné.

La Haute autorité a également rappelé que les MCI sont indiqués et remboursés dans deux indications: le diagnostic étiologique des syncopes inexpliquées récidivantes et le diagnostic étiologique d’un accident ischémique cérébral (AIC) cryptogénique.

Source: APMnews

Mots clés: Prévention Prévention

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