La stimulation hisienne fait beaucoup mieux que la stimulation VD : le registre Geisinger

Mis à jour le mardi 13 mars 2018
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Late breaking trial ACC. 18

La stimulation hisienne permanente (SHP) est prônée par certains auteurs depuis 2000 dans le but d’éviter la désynchronisation due à la stimulation ventriculaire droite (SVD) conventionnelle.

Plusieurs séries, le plus souvent de tailles réduites, ont montré la faisabilité et la sécurité de la méthode, ainsi que son effet bénéfique sur des paramètres fonctionnels ou de performance ventriculaire gauche. Il a également été montré que la SHP réduisait le nombre d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque par comparaison avec la SVD conventionnelle. Il manque encore des études randomisées à large échelle.

Le registre Geisinger a été présenté par l’équipe du Geisinger Heart Institute, en Pensylvanie, très impliquée dans la méthode depuis de nombreuses années. Le but était de valider la faisabilité de la méthode sur une large cohorte et de comparer SHP et SVD sur un critère composite : mortalité globale, hospitalisation pour insuffisance cardiaque, nécessité d’une resynchronisation.

Deux hôpitaux du groupe Geisinger ont répertorié toutes leurs implantations pour bradycardie entre 2013 et 2016. Un hôpital pratique la SHP et l’a proposée à 332 patients, l’autre pratique seulement la SVD chez 433 patients. L’analyse est en intention de traiter. Les patients avaient une fraction d’éjection subnormale dans les 2 groupes.

La SHP a pu être réalisée dans 92% des cas (304 patients). Sans surprise, dans le groupe SHP, la procédure est plus longue, les seuils de stimulation plus élevés et les QRS stimulés plus fins. Le suivi est de 725±423 jours. Il montre une supériorité de la SHP sur le critère principal : ce critère est atteint par 25% des patients du groupe SHP et 31.6% dans l’autre groupe (HR 0.71, p=0.02). L’analyse en sous-groupe montre que ce bénéfice est présent dès que les patients reçoivent au moins 20% de stimulation ventriculaire (HR 0.65 dans ce sous-groupe). Pour ceux qui reçoivent moins de 20% de stimulation ventriculaire, il n’y a pas de bénéfice. Le bénéfice sur les hospitalisations pour insuffisance cardiaque est significatif (12.4% vs 17.6%, p=0.04) Une forte tendance au bénéfice sur la mortalité globale seule est également montrée (17.2% vs 21.4%, p=0.06). Seule ombre au tableau, un peu plus de réinterventions dans le groupe SHP, témoignant du caractère encore récent de la technique.

Des résultats très prometteurs pour la stimulation hisienne quand ils reçoivent au moins 20% de stimulation ventriculaire. Mais entre des mains expertes !...

 

Par J-C. Deharo d'après la présentation de M. Abdelrahman (Indianapolis, USA)

 

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