La mortalité de l'infarctus continue de diminuer (registre français)

Publié le vendredi 13 janvier 2017

La mortalité de l'infarctus du myocarde continue de diminuer, selon les données du dernier registre français FAST-MI, en 2015, montrant un taux de décès autour de 2% et qui n'a cessé de décroître entre 1995 et 2015.

Ces résultats ont été présentés mercredi par le Pr Nicolas Danchin de l'hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP, Paris, AP-HP) lors d'une des conférences d'ouverture des journées européennes de la Société française de cardiologie (SFC).

Cinq registres successifs, réalisés tous les cinq ans, incluant à chaque fois tous les patients ayant été admis à l'hôpital pour un infarctus, permettent d'avoir une vision de l'évolution de la prise en charge et des résultats obtenus, au cours du temps. En 2015, ce sont 5.289 patients qui ont été inclus par 204 centres français.

Ces patients se répartissaient presque à parts égales entre infarctus avec ou sans élévation du segment ST. Il y a eu une évolution au cours du temps: en 2000 il y avait 71% de ST+. L'augmentation des ST- est probablement liée à l'arrivée des tests de troponine cardiaque plus sensibles.

Plus de femmes jeunes

Nicolas Danchin a noté une baisse de la proportion de femmes parmi les infarctus ST+, mais s'est inquiété du fait que chez ces femmes le pourcentage de patientes de moins de 60 ans était en augmentation. Et globalement, l'âge moyen des infarctus ST a diminué de 66 à 63 ans au cours du temps.

La mortalité à 10 jours des infarctus ST+ s'élevait à 2,1%. Le Pr Danchin a souligné la baisse très importante, déjà observée auparavant et qui se prolonge, de la mortalité. On est passé de 10,2% en 1995 à 8,8% en 2000, 5,8% en 2005, 4% en 2010 et donc 2,1% en 2015. Et "si l'on enlève les arrêts cardiaques préhospitaliers récupérés [qui ont un risque de décès plus élevé], on passe même en-dessous des 2%", a-t-il noté.

Pour les infarctus ST-, moins graves, la mortalité est moins élevée mais une baisse similaire au cours du temps est constatée. On est passé de 7,6% en 1995 à 7,1% en 2000, 4,9% en 2005, 2,6% en 2010 et enfin 1,8% en 2015.

Ce sont des "progrès considérables", s'est-il félicité, estimant qu'il y a encore pour les années à venir "deux défis": diminuer la mortalité préhospitalière (car les résultats présentés portent sur les patients arrivés jusqu'à l'hôpital et ne prend donc pas en compte ceux décédés avant), et travailler sur la prise en charge à long terme des patients sortis de l'hôpital.

En termes de prise en charge médicamenteuse des infarctus, presque tous les patients reçoivent de l'aspirine et environ neuf sur 10 un anti-agrégant plaquettaire inhibiteur de P2Y12.

Parmi les inhibiteur de P2Y12, le ticagrelor (Brilique*, AstraZeneca) est désormais majoritaire: il était utilisé chez 58% des patients ayant un infarctus ST- et 60% des ST+. La prasugrel (Efient*, Lilly/Daiichi Sankyo) était utilisé chez respectivement 5% et 21,5%, et le clopidogrel chez les autres.

Un anti-Gp IIb/IIIa a été utilisé chez 5% des infarctus ST- et 18% des ST+. Une statine a été prescrite à respectivement 77% et 84%.

Coronarographie chez presque tous les patients

Une coronarographie a été réalisée chez la quasi-totalité des patients: 95% des ST- et 98% des ST+. Cette proportion très élevée concernait tous les âges, même les patients de 90 ans et plus (respectivement 75% et 84% de coronarographie). Une évolution des pratiques "spectaculaire", a commenté Nicolas Danchin.

Une intervention coronaire percutanée a été réalisée chez 90% des patients ayant un infarctus avec sus-décalage ST et 68% de ceux sans sus-décalage.

Il a également noté qu'au stade aigu, le mode de reperfusion de l'infarctus ST+ dans les 12 heures était une angioplastie primaire dans 73,4% des cas. La thrombolyse n'était plus utilisée que chez 5% des patients. Et 21,6% n'ont pas pu avoir de reperfusion.

Le registre FAST-MI s'intéresse aussi à ce qui s'est passé avant que le patient n'arrive à l'hôpital. Dans l'infarctus ST+, 52% des patients ont d'abord appelé le Samu ou les pompiers, 27% sont arrivés directement dans un service d'urgence, 13% ont téléphoné à leur médecin généraliste (il reste 8% qui ont suivi d'autres cheminements). Pour les ST-, la proportion était un peu différente: 34% ont appelé le Samu ou les pompiers, 32% sont allés aux urgences, 19% ont contacté leur généraliste.

Voir la conférence

 

Source : APM International

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