La moitié des patients âgés insuffisants cardiaque hospitalisés ressortent avec au moins 10 médicaments prescrits

Publié le jeudi 12 novembre 2020
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APM news

WASHINGTON, 6 novembre 2020 (APMnews) - Plus de la moitié des patients âgés hospitalisés pour une insuffisance cardiaque ressortent de l'hôpital avec au moins 10 médicaments prescrits, dont la majorité sans lien avec une maladie cardiovasculaire, selon une étude américaine publiée dans Circulation: Heart Failure.

La polymédication peut avoir des effets délétères, en particulier chez les patients âgés, chez qui elle peut entraîner des chutes, une incapacité et des hospitalisations. Les personnes âgées atteintes d'insuffisance cardiaque sont particulièrement vulnérables aux effets indésirable de la polymédication, mais il existe peu de données en vie réelle sur la polymédication chez les insuffisants cardiaques, soulignent Ozan Unlu du Weill Cornell Medicine à New York et ses collègues.

Afin d'examiner cette question, ils ont étudié 558 patients âgés de 65 ans et plus, hospitalisés pour une insuffisance cardiaque dans 380 hôpitaux aux Etats-Unis.

Un seuil arbitraire de cinq médicaments avait auparavant été choisi dans des études pour définir une polymédication.

A l'arrivée à l'hôpital, 84% de ces patients prenaient déjà au moins cinq médicaments, une proportion qui passait à 95% à la sortie de l'hôpital.

La prise d'au moins 10 médicaments concernait 42% des patients à l'admission et 55% à la sortie de l'hôpital. Les auteurs suggèrent dès lors de choisir ce seuil de 10 médicaments pour définir la polymédication dans cette population de patients âgés.

En outre, la prévalence de la polymédication avec au moins 10 médicaments augmentait avec le temps, passant de 25% en 2003-2006 à 55% en 2011-2014, à l'admission, et de 41% à 68% sur cette période, à la sortie de l'hôpital.

La plupart des médicaments reçus par les patients polymédiqués n'étaient pas destiné à traiter des affections cardiovasculaires: à la sortie de l'hôpital, les médicaments non cardiovasculaires représentaient en médiane 46,7% de ceux prescrits, les médicaments de l'insuffisance cardiaque 25,0% et les médicaments cardiovasculaires hors insuffisance cardiaque 26,7%.

Les taux élevés de polymédication observés reflètent les comorbidités nombreuses à cet âge, mais le fait que ces taux augmentent avec le temps souligne la nécessité urgente de développer de nouvelles stratégies pour prendre en charge ce problème, soulignent les auteurs. Ils notent qu'environ 90% des insuffisants cardiaques âgés présentent au moins trois autres pathologies.

Ils observent que, s'il est difficile de prétendre que les risques de la polymédication dépassent les bénéfices chez ces patients, en particulier pour des pathologies comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou le diabète qui nécessitent elles-même souvent plusieurs médicaments, certains médicaments parmi les plus prescrits chez les insuffisants cardiaques âgés sont plus contestables.

Ainsi, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et les vitamines représentaient deux des trois catégories de médicaments non cardiovasculaires les plus prescrites à l'admission et à la sortie de l'hôpital. Or les IPP ont été décrits comme les médicaments les plus sur-prescrits chez les patients âgés, et les données confortant l'utilisation des multivitamines sont limitées, soulignent les auteurs.

Ils estiment qu'il serait raisonnable d'envisager d'éliminer ces agents, en l'absence d'indication incontournable, dans cette population.

Les suppléments en électrolytes représentaient aussi l'une des trois catégories de médicaments non cardiovasculaires les plus prescrites. Le potassium par exemple est souvent utilisé dans l'hypokaliémie, un effet bien connu des diurétiques. Cela souligne une autre opportunité potentielle pour améliorer le respect des recommandations dans le traitement médicamenteux, en utilisant comme alternative contre l'hypokaliémie un antagoniste minéralocorticoïde: il s'agit d'un médicament recommandé dans l'insuffisance cardiaque, et qui peut combattre l'hypokaliémie.

Source : APMnews

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