La méthode de calcul de la fonction rénale impacte la gestion des médicaments

Publié le jeudi 21 juin 2018
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TOULOUSE, 20 juin 2018 (APMnews) - La méthode de calcul utilisée pour estimer la fonction rénale donne une appréciation différente des médicaments potentiellement inappropriés chez les patients insuffisants rénaux chroniques, selon une étude présentée au congrès de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT), la semaine dernière à Toulouse.

Pour adapter la posologie d'un médicament, la sélection de l'outil le plus approprié pour estimer le débit de filtration glomérulaire (DFGe) est un réel défi, indiquent Solène Laville du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Cesp, Inserm U1018) à Villejuif (Val-de-Marne) et ses collègues dans le résumé de leur poster discuté.

La formule de Cockroft-Gault est la plus fréquemment utilisée lors du développement de nombreux médicaments. Mais c'est l'équation CKD-EPI qui est mise en oeuvre partout dans le monde pour classer le stade de la maladie rénale chronique et surveiller l'évolution des patients.

Cette formule est indexée à la surface corporelle et face à un patient obèse pour lequel une adaptation posologique est nécessaire, il faut penser à la "désindexer".

Les chercheurs ont évalué l'impact de ces deux équations utilisées pour estimer la fonction rénale sur la prévalence des médicaments inappropriés dans la cohorte CKD-REIN, qui porte sur 3.011 patients ambulatoires insuffisants rénaux chroniques, prenant au moins un médicament prescrit.

Ils ont examiné les doses quotidiennes des médicaments pris à l'inclusion et recherché les prescriptions inappropriées, définies comme étant un médicament contre-indiqué ou un médicament indiqué mais prescrit à une dose trop élevée par rapport au DFG estimé selon la formule de Cockroft-Gault, la formule CKD-EPI ou la formule CKD-EPI désindexée.

Les patients avaient 70 ans en médiane, 36% étaient obèses (avec un indice de masse corporelle IMC de 30 kg/m2. Le nombre médian de médicaments prescrits par patient était de 8.

L'estimation de la fonction rénale était différente selon la formule utilisée, avec une valeur moyenne de respectivement 41 mL/min, 33 mL/min/1,73 m² et 36 mL/min, et l'estimation de la part des patients avec au moins un médicament inapproprié de respectivement 41%, 52% et 47%.

Les médicaments contre la goutte, les traitements cardiovasculaires et les antidiabétiques représentaient la plupart des prescriptions inappropriées.

Ces résultats, issus d'un projet financé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), montrent des différences dans l'évaluation des médicaments inappropriés en fonction de la formule de calcul du DFG choisie et illustrent la complexité de la gestion médicamenteuse chez les insuffisants rénaux chroniques, commentent les chercheurs.

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament

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