La dépression est associée au risque de développer une insuffisance cardiaque

Publié le vendredi 15 avril 2022
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APM news

WASHINGTON, 14 avril 2022 (APMnews) - Les symptômes dépressifs sont associés à un risque accru de développer une insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée, selon une étude américaine publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Entre 20% et 40% des insuffisants cardiaques rapportent des symptômes dépressifs. La dépression est reconnue comme un facteur de mauvais pronostic chez les patients ayant une insuffisance cardiaque, mais on ne sait pas si elle constitue un facteur de risque indépendant de développer une insuffisance cardiaque chez les patients qui ne présentaient pas cette pathologie cardiaque, rappellent Yulia Khodneva de l'University of Alabama à Birmingham et ses collègues.

A partir des données de la cohorte longitudinale prospective REGARDS, ils ont examiné l'association entre symptômes dépressifs et nouvelle hospitalisation pour insuffisance cardiaque, en distinguant les sous-types d'insuffisance cardiaque. Ainsi, 26.268 adultes de 45 ans et plus ne présentant pas d'insuffisance cardiaque au départ ont été suivis. Un score supérieur ou égal à 4 sur l'échelle du Center for Epidemiologic Studies Depression caractérisait la présence de symptômes dépressifs au départ.

Après 9,2 ans de suivi médian, 872 nouvelles hospitalisations pour insuffisance cardiaque ont été dénombrées, dont 526 chez des personnes sans maladie coronaire et 334 chez des personnes avec maladie coronaire.

L'incidence des hospitalisations pour insuffisance cardiaque était de 4,9 pour 1.000 personnes-années parmi les participants présentant des symptômes dépressifs au départ, contre 3,2 pour 1.000 personnes-années en l'absence de tels symptômes, la différence étant statistiquement significative.

Ce risque élevé était atténué après prise en compte des covariables, pour l'ensemble des insuffisances cardiaques. Toutefois, en ce qui concerne l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée, le risque d'hospitalisation était significativement augmenté de 48% en cas de symptômes dépressifs, après prise en compte des covariables.

Les symptômes dépressifs n'étaient pas associés en revanche aux hospitalisations pour insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite.

"Les résultats de notre étude suggèrent une importante opportunité de prévention primaire de l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée", en identifiant les patients ayant des symptômes dépressifs, en ambulatoire ou à l'hôpital, par un dépistage, concluent les auteurs.

Source: APMnews

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