L'exposition prénatale au diabète maternel associée au risque de maladie cardiovasculaire précoce

Publié le vendredi 6 décembre 2019
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APM news

LONDRES, 5 décembre 2019 (APMnews) - Un diabète maternel présent avant ou pendant la grossesse est associé à un plus grand risque de développer une maladie cardiovasculaire au cours des 40 premières années de vie, selon une étude publiée mercredi dans le British Medical Journal (BMJ).

Il est établi que le diabète maternel avant ou pendant la grossesse est associé à un risque accru de syndrome métabolique et de cardiopathie congénitale chez l'enfant, mais on ne sait pas si cela affecte le risque de développer une maladie cardiovasculaire précoce, rappellent Yongfu Yu de l'hôpital universitaire d'Aarhus (Danemark) et de l'université de Californie à Los Angeles et ses collègues.

Ils ont étudié plus de 2,4 millions d'enfants nés entre 1977 et 2016 au Danemark sans cardiopathie congénitale, suivis tout au long de cette période (soit au maximum jusqu'à l'âge de 40 ans). Un diabète maternel prégestationnel de type 1 était présent dans 22.055 cas, de type 2 dans 6.537 cas, et un diabète gestationnel dans 26.272 cas.

Au cours du suivi, 1.153 participants dont la mère était diabétique et 91.311 dont la mère n'était pas diabétique ont eu un diagnostic de maladie cardiovasculaire. Le risque était significativement plus élevé de 29% chez les participants exposés au diabète maternel in utero.

Le risque était augmenté de 34% en cas de diabète maternel prégestationnel et de 19% en cas de diabète maternel gestationnel.

L'augmentation du risque était observée pour plusieurs pathologies cardiaques spécifiques, en particulier l'hypertension (+78%), la thrombose veineuse profonde (+82%) et l'embolie pulmonaire (+91%).

Le risque de maladie cardiovasculaire était augmenté dans chaque groupe d'âge, aussi bien pendant l'enfance (avant 20 ans) et à l'âge adulte (de 20 à 40 ans).

L'augmentation du risque était plus marquée lorsque la mère avait eu des complications liées au diabète et/ou une maladie cardiovasculaire.

Si l'association s'avérait causale, "la prévention, le dépistage et le traitement du diabète chez les femmes en âge de procréer pourraient aider à réduire le risque de maladie cardiovasculaire dans la génération suivante", concluent les auteurs.

Source: APMnews

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